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16/11/2013 06:05 EST | Actualisé 16/01/2014 05:12 EST

Comprendre la tragédie de Lac-Mégantic en cinq clés (VIDÉO)

CP

Le déraillement et l'explosion d'un convoi pétrolier de la MMA à Lac-Mégantic, en juillet dernier, ont provoqué l'un des plus gros brasiers d'hydrocarbures en Amérique du Nord en rasant une grande partie du centre-ville. Cette tragédie a coûté la vie à 47 personnes.

Voici cinq clés pour comprendre la tragédie, telles qu'expliquées dans La tragédie de Lac-Mégantic : une émission spéciale de Découverte, diffusée le dimanche 17 novembre à 18 h 30. L'émission sera rediffusée le soir même à 21 h 30 sur Explora, le lundi à 19 h et le dimanche suivant à 17 h. RDI rediffuse l'émission le samedi suivant à 20 h.

1. Déraillement

Nantes, vendredi 5 juillet, 23 h. Tiré par cinq locomotives, un convoi de 72 wagons-citernes se met en branle, personne à son bord. Entraîné par la gravité, le convoi de 10 287 tonnes file droit vers le centre-ville de Lac-Mégantic, 12 kilomètres plus loin. À 1 h 14, le train fantôme s'engouffre dans le centre-ville à quelque 100 km/h. La vibration est telle que les locomotives se détachent et poursuivent leur route sur 800 mètres. Par contre, 63 wagons-citernes déraillent, 6 millions de litres de pétrole se déversent.

2. Intervention

Arrivés sur place, les pompiers sont impuissants. La chaleur qui se dégage des citernes avoisine les 1500 degrés Celsius. Ils ne peuvent s'approcher à moins de 700 mètres du brasier. On sait que le seul produit pour éteindre un feu d'hydrocarbure, c'est la mousse ignifuge. Mais, à Lac-Mégantic, il en faudra une quantité phénoménale. Le problème, c'est qu'aucune caserne au Québec n'en dispose d'autant. À 10 h 45, après plusieurs recherches, on joint Ultramar. La raffinerie stocke d'importantes quantités d'émulsifiant, le liquide chimique qui sert à produire la mousse. Ainsi, 30 000 litres d'émulsifiant seront donc livrés à Lac-Mégantic dans l'après-midi. À 20 h samedi, 19 heures après le déraillement, l'attaque contre les citernes débute. Quatre-vingts services d'incendies venus d'ici et d'ailleurs sont mobilisés pour l'opération. Lundi 8 juillet, après deux jours de durs combats, les pompiers s'en retournent avec le sentiment du devoir accompli.

3. Les freins

Les trains comptent au moins deux systèmes de freinage distincts. Des freins pneumatiques qui permettent de freiner le train en mouvement et des freins manuels qui permettent de sécuriser le train à l'arrêt. Le système pneumatique est actionné par un jeu de pression d'air entre la conduite générale, les réservoirs auxiliaires et les pistons de freinage qui serrent les sabots de frein sur les roues.

Les freins manuels, en contrepartie, sont activés à partir d'une roue qui est tournée à la main et qui, par la tension d'une chaîne, actionne mécaniquement le mécanisme de freinage.

Pour prévenir une défaillance potentielle du système pneumatique, le mécanicien de locomotive, qui est aux commandes du train, doit serrer des freins manuels sur un convoi à l'arrêt. La règle 112 du Règlement d'exploitation ferroviaire du Canada, approuvé par Transport Canada, l'y oblige. Elle stipule que : « Lorsque du matériel roulant est laissé à un endroit quelconque, il faut serrer un nombre suffisant de freins à main pour en assurer l'immobilisation ».

4. Le contenant et le contenu

Le pétrole léger contenu dans les citernes de Lac-Mégantic provenait de la formation rocheuse Bakken, à 3000 kilomètres de Lac-Mégantic, au Dakota du Nord. C'est un pétrole non conventionnel qu'on extrait par fracturation de la roche.

Les analyses du Bureau de la sécurité des transports ont montré que ce pétrole était plus inflammable qu'on ne le croyait; son « point d'éclair » était plus bas que prévu. Le point d'éclair étant la température à partir de laquelle un liquide émet suffisamment de vapeur qui, une fois mélangée à l'air et exposée à une source d'ignition, peut s'enflammer.

Les nouvelles citernes basse pression, de type DOT 111, sont faites d'acier plus épais et de meilleure qualité, leurs têtes sont protégées par des boucliers d'acier et les systèmes de service, au sommet de la citerne, sont protégés par des enceintes plus robustes.

Analyses métallurgiques

Le Bureau de la sécurité des transports doit procéder à des essais métallurgiques sur certaines composantes d'acier récupérées sur le site de Lac-Mégantic.

En quoi consistent ces tests? Ce sont à la fois des tests chimiques et physiques. Les analyses chimiques permettent d'identifier tous les éléments de composition et leur quantité dans n'importe quel alliage métallique, même si l'acier a été endommagé par le feu.

Les tests physiques permettent entre autres d'évaluer le comportement de l'acier. L'essai de dureté, par exemple, est important parce qu'il permet d'obtenir une valeur assez précise de la résistance maximale du métal, laquelle résistance est obtenue plus précisément par un essai de traction.

Mégantic en chiffres

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