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15/11/2013 02:22 EST | Actualisé 14/01/2014 05:12 EST

Un prêtre français enlevé au Cameroun

Un prêtre français a été enlevé par des hommes armés dans sa paroisse de l'extrême nord du Cameroun, une région où la secte islamiste nigériane Boko Haram est active, a annoncé jeudi le ministère français des Affaires étrangères.

Un témoin a raconté que les ravisseurs avaient tiré en l'air au moment de prendre la fuite sur une moto.

Le père George Vandenbeusch a été enlevé dans la région de Koza, dans l'extrême nord du pays, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Nigeria. Le prêtre avait choisi de rester sur place, même si la région est considérée comme propice aux actes terroristes et aux enlèvements.

Le ministère français tente de déterminer les circonstances de l'enlèvement et d'identifier les ravisseurs. D'après des témoins, l'enlèvement s'est produit mercredi.

L'enlèvement n'a pas été revendiqué, mais le sous-préfet de la région, Ouhe Kolande, a indiqué que les soupçons se portaient sur Boko Haram.

Le groupe est responsable d'une campagne de terreur qui a fait près de 800 morts dans le nord du Nigeria l'an dernier, et plusieurs dizaines d'autres depuis le début de l'année.

Plus tôt cette année, une famille française, dont faisaient partie quatre enfants, avait été enlevée dans l'extrême nord du Cameroun par des extrémistes armés de Boko Haram et détenus pendant deux mois, probablement au Nigeria.

Une religieuse qui travaille avec le père Vandenbeusch a indiqué que les hommes qui l'ont enlevé voulaient de l'argent.

Soeur Françoise Mukarabayire a révélé que 12 hommes masqués et armés avaient pénétré dans l'enceinte des religieuses pendant qu'une douzaine d'autres montaient la garde à l'extérieur. Un autre témoin a indiqué que les hommes étaient arrivés en moto.

« Vers 23 h, j'ai entendu cogner à la porte. Je n'ai pas ouvert. Quelques secondes plus tard, ils ont brisé une fenêtre et ils ont ouvert la porte. Ils ont demandé de l'argent, ils ont regardé tout autour, ils ont pris quelques biens et ils sont partis », a dit soeur Françoise.

Les religieuses se sont ensuite rendues à la résidence du prêtre, où elles ont constaté que « la porte était brisée et qu'il était disparu. Nous pensons que les bandits sont allés là avant de venir à nous ».

Un voisin, Adji Maloum, a révélé que les hommes parlaient l'anglais et le haoussa, une langue très répandue dans la région, mais qu'il est difficile de dire avec certitude s'il s'agissait de membres de Boko Haram.

« Quand nous sommes sortis voir ce qui se passait, les assaillants ont mis le prêtre sur une de leurs motos et ils se sont enfuis », a dit M. Maloum.

La France prise pour cible

Cet enlèvement survient deux semaines après l'assassinat de deux journalistes de Radio France Internationale dans le nord du Mali.

La France est ciblée par les groupes islamistes présents en Afrique depuis que son armée est intervenue au Mali pour repousser les extrémistes liés à Al-Qaïda qui avaient pris le contrôle du nord du pays.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué jeudi que des membres de Boko Haram s'étaient entraînés aux côtés de la branche nord-africaine d'Al-Qaïda. M. Fabius a indiqué que des documents saisis dans le nord du Mali témoignaient d'une collaboration étroite entre les groupes jihadistes d'Afrique.

Associated Press

La Presse Canadienne

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