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15/11/2013 08:30 EST | Actualisé 15/01/2014 05:12 EST

Philippines: le bilan du typhon Haiyan passe à 3633 morts

GUIUAN, Philippines - L'heure est à la reconstruction aux Philippines, près d'une semaine après le passage du typhon Haiyan.

Le bilan de la catastrophe a été porté samedi à 3633 morts. Certains responsables croient que le bilan surpassera éventuellement 10 000 victimes, une fois les disparus déclarés morts et les régions les plus reculées finalement rejointes.

L'agence nationale de gestion des crises recense aussi 1179 personnes portées disparues et 12 487 blessés.

Les besoins demeurent immenses le long de la côte orientale du pays, où les secouristes qui tentent de venir en aide aux sinistrés se heurtent à des aéroports engorgés, des routes bloquées et un manque de main d'oeuvre.

La résilience des habitants était toutefois à l'avant-plan, vendredi, dans la ville de Guiuan et ailleurs, où des résidants s'affairaient à reconstruire leurs vies, avec ou sans l'aide du gouvernement et des agences humanitaires.

Dès 6h, Dionesio de la Cruz tentait d'assembler un lit avec des clous rouillés. Il avait déjà érigé un abri temporaire à partir des ruines de sa maison.

«Nous sommes laissés à nous-mêmes, donc nous devons tout faire seuls, a dit l'homme de 40 ans pendant que sa mère et sa femme dormaient sur une table à proximité. Nous n'attendons d'aide de personne.»

Les dirigeants estiment que 600 000 personnes ont été déplacées par le typhon Haiyan, qui a matraqué les îles de Leyte et de Samar. La majorité des sinistrés ont été jetés à la rue. En plus de la nourriture, de l'eau et des médicaments, les groupes humanitaires donneront priorité à la distribution d'outils, de clous et d'autres équipements pour aider des gens comme M. de la Cruz à construire des abris pendant que des solutions plus permanentes sont étudiées.

Quelques signes encourageants commencent à émerger. Des hélicoptères de la marine des États-Unis ont commencé à décoller du porte-avions USS George Washington, qui a jeté l'ancre au large des côtes du pays, et ont parachuté de l'eau et des vivres aux communautés isolées.

Le gouvernement philippin fait l'objet de critiques sévères pour son incapacité apparente à distribuer l'aide plus rapidement.

«Dans une situation comme celle-ci, rien ne va jamais assez vite, a reconnu le secrétaire de l'Intérieur du pays, Mar Roxas, qui se trouvait à Tacloban, la capitale de Leyte, une ville qui a été essentiellement anéantie par la tempête. Les besoins sont énormes et immédiats, et il est impossible de rejoindre tout le monde.»

De retour à Guiuan, Susan Tan a décidé de rester sur place après que son petit commerce ait été pillé par des sinistrés quelques jours après la catastrophe. Elle a plutôt ouvert un centre d'aide dans son magasin, qui se trouve dans sa famille depuis les années 1940.

«Je ne peux pas m'en aller à Cebu et m'asseoir dans un centre commercial pendant qu'ici, tout est en ruines, a-t-elle expliqué. Même si j'ai été pillée et ruinée, je ne peux laisser tomber mes amis et ma ville. Nous devons nous entraider.»

Mme Tan a réussi à se procurer un téléphone satellite auprès d'un ami qui travaille pour une entreprise téléphonique. Des centaines de personnes font maintenant la file à sa porte, sous le soleil, pour appeler leurs proches. Chaque appel est limité à une minute. Mme Tan a aussi reçu, jeudi après-midi, 20 boîtes contenant des nouilles séchées, des conserves, des sardines, des médicaments et un peu d'eau embouteillée.

Ce n'est pas assez, mais c'est un début.

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