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15/11/2013 08:11 EST | Actualisé 15/01/2014 05:12 EST

Les couples chinois dont un membre était enfant unique pourront dorénavant avoir deux enfants

images by Tang Ming Tung via Getty Images

PÉKIN, Chine - Les couples chinois dont un membre était enfant unique pourront dorénavant avoir deux enfants, a annoncé vendredi le Parti communiste, qui a aussi indiqué son intention d'abolir son réseau de camps de travail.

Ces changements sont compris dans un important document publié par l'agence de presse officielle Chine nouvelle, au terme d'une rencontre de quatre jours des dirigeants du pays à Pékin.

La politique chinoise actuelle de planification familiale impose une limite d'un enfant par famille à la plupart des couples urbains et autorise deux enfants par couple rural, si le premier-né est une fille. Elle autorise aussi deux enfants par famille si les deux parents sont des enfants uniques.

La nouvelle politique assouplira quelque peu cette règle en autorisant deux enfants par couple si seulement un des deux parents est enfant unique.

Le gouvernement chinois affirme que la politique de l'enfant unique, qui a été instaurée en 1980, a empêché des centaines de millions de naissances et aidé le pays à émerger de la pauvreté. Ces limites strictes ont toutefois aussi mené à des avortements et des stérilisations forcés, même si les deux opérations sont illégales.

Les démographes soulignaient quant à eux que la politique limitait le nombre de jeunes travailleurs à qui on demandait de financer la retraite de plus en plus de personnes âgées.

«C'est fantastique, le gouvernement chinois reconnaît finalement les problèmes démographiques auxquels il est confronté, a dit le sociologue Cai Yong, de l'université de la Caroline du Nord à Chapel Hill. Même si ça reste un pas relativement petit, je pense que c'est un pas dans la bonne direction, et j'espère que ce sera le début d'une transition vers une politique plus souple.»

M. Cai croit que la nouvelle politique mènera à un ou deux millions de naissances supplémentaires pendant les premières années.

Les couples qui faisaient fi des règles s'exposaient à de lourdes amendes, à la saisie de leurs biens et même à la perte de leur emploi.

L'an dernier, un groupe de recherche gouvernemental avait demandé aux dirigeants de commencer à abolir la politique en permettant deux enfants par famille à compter de 2015, affirmant que le pays «a payé un coût politique et social énorme».

La Fondation chinoise de recherche et développement avait affirmé que la politique de l'enfant unique s'était traduite par des conflits sociaux et des coûts administratifs élevés, en plus de mener à un déséquilibre des sexes à long terme en raison de l'avortement illégal des foetus féminins et de l'infanticide des filles par des parents qui, traditionnellement, préfèrent un garçon.

Le document trace aussi l'ébauche de la politique économique chinoise pour les prochaines années.

Les leaders chinois se sont ainsi engagés à augmenter la concurrence pour les entreprises publiques, à intensifier la lutte contre la corruption et à rendre le système judiciaire plus équitable, sans toutefois toucher au système de parti politique unique.

«Ça démontre à quel point (le président Xi Jinping) est en contrôle, que cette génération de leaders est capable de prendre des décisions, a dit le sinologue Dali Yang, de l'université de Chicago. On parle de quelqu'un de beaucoup plus décisif, qui a le pouvoir, et qui a été capable de manoeuvrer pour prendre les décisions.»

Le système des camps de travail — ou de «rééducation par le travail» — avait tout d'abord été mis sur pied pour punir les opposants au Parti communiste, mais il est maintenant utilisé par les dirigeants locaux pour sévir contre ceux qui contestent leur autorité dans une multitude de domaines, des droits fonciers jusqu'à la corruption.

Pu Zhiqiang, un important avocat de Pékin qui a représenté plusieurs anciens détenus des camps de travail qui réclament maintenant une compensation, a applaudi l'abolition de ce système extrajudiciaire.

«Plusieurs méthodes utilisées récemment par ce gouvernement contreviennent à la loi et ne respectent pas les droits de la personne ou la liberté d'expression, mais en abolissant les camps de travail (...) ça rendra plus difficile pour les policiers d'envoyer les gens qu'ils arrêtent vers ces camps, a-t-il dit. C'est un progrès.»

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