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15/11/2013 08:13 EST | Actualisé 15/01/2014 05:12 EST

Le sommet du Commonwealth au Sri Lanka boycotté

AFP

Le sommet du Commonwealth a débuté dans la division, vendredi, au Sri Lanka. Le premier ministre canadien, Stephen Harper, et ses homologues de l'Inde et de l'Île Maurice boycottent la rencontre.

Le Canada avait annoncé en octobre qu'il ne participerait pas au sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth à Colombo, en raison de la détérioration de la situation des droits de la personne au Sri Lanka.

De son côté, le gouvernement sri-lankais a condamné mercredi la décision du premier ministre canadien de ne pas se joindre à cette rencontre de trois jours.

L'Inde et l'Île Maurice ont annoncé un peu plus tard leur boycottage du sommet, pour protester contre le refus du Sri Lanka d'enquêter sur les exactions commises contre la rébellion tamoule en 2009.

Le sommet du Commonwealth devait être l'occasion pour le Sri Lanka de se refaire une image. Le pays compte notamment mettre en avant son renouveau et son embellie économique depuis l'écrasement de rébellion tamoule. La croissance annuelle du pays a affiché un taux de 8,2 %, en plus d'avoir reçu la visite de plus d'un million de touristes, un résultat record.

Toutefois, en refusant toute enquête internationale sur la fin du conflit en 2009, l'opération de relations publiques se transforme en échec.

Le président sri-lankais, Mahinda Rajapakse, s'est défendu en affirmant que le Commonwealth ne devait pas devenir une organisation de jugement de ses membres.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a fait valoir son point de vue d'une tout autre façon.

Il s'est rendu dans la région de Jaffna vendredi, dans le nord du pays, pour attirer l'attention de la communauté internationale. Il souhaite ainsi qu'une commission d'enquête sur les crimes de guerre soit mise sur pied.

Premier dirigeant politique étranger à se rendre dans cette zone, il s'agit d'une visite historique dans l'ancienne zone de guerre dominée par les Tamouls.

Des femmes ayant perdu un proche lors de la guerre ont tenté de se jeter sur le convoi du dirigeant britannique. Tenant des photos de leurs proches dans leur main, elles ont crié « Justice, justice! »

M. Cameron s'est aussi rendu dans les locaux d'un journal tamoul, dont l'imprimerie a été maintes fois incendiée, et qui a perdu cinq salariés dans des attaques depuis l'arrivée au pouvoir du président Mahinda Rakapakse en 2005.

En 2009,le gouvernement sri-lankais a fait face à la menace séparatiste de la minorité tamoule du nord du pays. La rébellion tamoule avait fait 100000morts, selon l'ONU.