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15/11/2013 09:26 EST | Actualisé 15/01/2014 05:12 EST

La Birmanie libère 69 prisonniers politiques

RANGOON, Myanmar - Le gouvernement birman a libéré vendredi 69 prisonniers politiques, y compris deux petits-fils d'un ancien dictateur, après s'être engagé à libérer tous les détenus politiques du pays d'ici la fin de l'année.

La plupart des prisonniers libérés sont membres de minorités ethniques, a indiqué un membre du comité gouvernemental sur les détenus politiques, Ye Aung.

Les petits-fils du général Ne Win, un ancien dictateur, avaient été condamnés à mort en 2002 pour avoir possiblement tenté d'organiser un coup d'État contre le régime militaire du général Than Shwe.

La détention continue de prisonniers politiques en Birmanie préoccupe les États-Unis et d'autres nations occidentales, qui souhaitent appuyer la transition du pays vers la démocratie après des décennies d'un règne militaire brutal.

À Washington, la porte-parole du département d'État, Jan Psaki, a applaudi ces libérations et déclaré que le gouvernement birman a remis en liberté 1100 prisonniers politiques depuis le début des réformes.

En dépit de ces libérations, des observateurs soulignent que des Birmans continuent à être jetés en prison pour des crimes politiques depuis que le gouvernement civil a pris le pouvoir en 2011.

«Nous applaudissons bien évidemment les libérations d'aujourd'hui, mais la vérité demeure que plusieurs personnes sont derrière les barreaux en Birmanie pour un militantisme pacifique», a dit Isabelle Arradon, la directrice-adjointe d'Amnesty International pour la région Asie-Pacifique.

«Nous continuons à recevoir des informations concernant le harcèlement de militants pacifiques ou de défenseurs des droits de la personne qui risquent la prison simplement pour avoir exprimé leur opinion, a-t-elle ajouté. Cela doit cesser immédiatement, autrement des libérations comme celle d'aujourd'hui n'auront aucune importance.»

Ye Aung a indiqué que 60 prisonniers politiques sont toujours derrière les barreaux. Des dizaines de personnes libérées vendredi avaient été incarcérés pour s'être rassemblés sans permission.

Une autre militante bien connue, Naw Ohn Hla, a été remise en liberté. Elle avait écopé de deux ans de prison pour avoir semé la panique, quand elle avait manifesté contre un projet de mine de cuivre et réclamé l'abrogation de la Constitution adoptée en 2008.

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