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15/11/2013 07:18 EST | Actualisé 15/01/2014 05:12 EST

Formation de la main-d'oeuvre: les provinces feront une contre-proposition

TORONTO - Les provinces et les territoires ont l'intention d'élaborer une contre-proposition pour le controversé programme fédéral de subvention à l'emploi qui «menace» les programmes de formation provinciaux déjà en place et n'aidera pas les travailleurs les plus vulnérables du pays, ont déclaré vendredi plusieurs premiers ministres.

Les dirigeants provinciaux et territoriaux, qui étaient réunis à Toronto à l'occasion d'une rencontre du Conseil de la fédération, ont ajouté que, advenant le cas où les deux camps n'arriveraient pas à s'entendre, les provinces et les territoires devraient avoir la permission de se retirer avec pleine compensation.

Même si tous les premiers ministres sont d'accord avec le fait qu'ils n'aiment pas le programme Subvention canadienne pour l'emploi, ils n'ont pas fait grand-chose pour présenter d'autres options au gouvernement de Stephen Harper depuis qu'il a annoncé la nouvelle mesure dans son budget au printemps dernier, a reconnu Kathleen Wynne, première ministre de l'Ontario. Mme Wynne, qui a présidé la réunion du Conseil vendredi, a cependant affirmé que ses homologues et elle-même s'étaient entendus sur le fait qu'il était nécessaire de développer d'autres plans et de les proposer à Ottawa.

Le gouvernement conservateur veut transférer 60 pour cent, soit environ 300 millions $, de l'argent qu'il verse actuellement aux provinces et territoires en matière de formation de la main-d'oeuvre au nouveau programme. Cela permettrait d'octroyer une subvention de 15 000 $ par travailleur, le fédéral, les provinces et les territoires ainsi que les employeurs fournissant chacun 5000 $.

Les provinces et territoires réclament toutefois davantage de flexibilité afin de pouvoir utiliser les fonds en fonction de leurs besoins, et soutiennent que la Subvention canadienne pour l'emploi pourrait compromettre les programmes provinciaux et territoriaux existants destinés aux groupes les plus vulnérables.

Pour sa part, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a estimé que ce programme constituait une tentative d'ingérence de la part du fédéral dans les champs de compétence des provinces et des territoires.

«Ce programme mettrait en péril le système québécois en place, dont tous reconnaissent pourtant l'efficacité pour répondre aux besoins de notre marché du travail. Ottawa doit faire marche arrière, a fait valoir Mme Marois dans un communiqué. Si, malheureusement, le fédéral s'entête, il doit permettre aux gouvernements qui le désirent, comme celui du Québec, de s'en retirer avec pleine compensation.»

D'autres ont reproché au gouvernement Harper de chercher à imposer la Subvention canadienne pour l'emploi sans avoir d'abord consulté les provinces et territoires.

«Ça aurait été bien qu'il y ait consultation dès le début sur ce programme», a indiqué Mme Wynne.

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Robert Ghiz, a fait preuve de moins de diplomatie.

«Ce qui est le plus dérangeant, c'est la décision du gouvernement fédéral de prendre un programme qui fonctionne et de dire: même s'il fonctionne, nous nous en fichons, a-t-il déclaré. Ça ne nous convient pas sur le plan idéologique alors, devinez quoi? Nous allons retirer cet argent et nous allons lancer la Subvention canadienne pour l'emploi. Et non, nous n'avons pas fait de recherches. Nous allons juste aller de l'avant. Donnez-nous votre argent.»

Les premiers ministres ont également discuté, vendredi, de la refonte du Régime de pensions du Canada (RCP), sans toutefois arriver à un consensus.

Les provinces et territoires ont du mal à s'entendre sur cette question, certaines souhaitant améliorer le RCP et d'autres craignant qu'augmenter les cotisations ne nuise à l'emploi.

L'Ontario, Terre-Neuve-et-Labrador et l'Île-du-Prince-Édouard veulent toutes que le RCP soit revu et corrigé, l'Île-du-Prince-Édouard proposant même de faire passer la contribution maximale annuelle de 2356,20 $ à 4681,20 $ et la prestation maximale annuelle de 12 150 $ à 23 400 $.

La Nouvelle-Écosse, l'Alberta et Ottawa craignent cependant qu'une hausse des cotisations, qui sont payées à part égale par les employés et les employeurs, ait le même effet qu'une hausse d'impôt sur les entreprises et entraîne des suppressions de postes.

Les premiers ministres ont dit avoir donné la directive à leurs ministres des Finances de continuer à plancher sur des options pour l'amélioration du RCP et du Régime de rentes du Québec afin de les présenter au ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, lors d'une réunion le 16 décembre.

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