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15/11/2013 03:02 EST | Actualisé 15/01/2014 05:12 EST

Conditions émises par Couillard: Fatima Houda-Pepin garde le silence

QUÉBEC - La députée libérale Fatima Houda-Pepin demeurait introuvable, vendredi, après sa sortie de la veille et les admonestations de son chef, Philippe Couillard, qui ont suivi.

Elle n'a pas eu de contact avec M. Couillard, ni avant, ni depuis sa lettre de jeudi, dans laquelle elle prend ses distances de la position du parti sur la laïcité en général et le port du tchador en particulier.

Elle n'a accordé aucune entrevue à la suite des déclarations faites vendredi matin par son chef, qui la somme de ne plus faire bande à part et d'indiquer rapidement qu'elle se rallie au caucus libéral et à ses positions. Sur le port du tchador, M. Couillard a cependant donné raison à sa députée, et désavoué du même souffle un autre de ses députés, Marc Tanguay, en disant qu'il exclura toute candidate éventuelle qui chercherait à se faire élire affublée d'un tchador.

Sur ce point, le ministre responsable des Institutions démocratiques et parrain de la charte de la laïcité, Bernard Drainville, a jugé que le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) semait la confusion.

«Il dit maintenant qu'il est contre le tchador pour les candidates libérales, mais il continue d'être pour le tchador dans le cas des fonctionnaires, des éducatrices et des enseignantes. Comprenez-vous quelque chose? Moi, j'ai de la misère à le suivre et je ne dois pas être le seul», a-t-il dit lors d'un point de presse.

Il invite le chef libéral Philippe Couillard à «refaire ses devoirs». «On ne sait plus trop quelle est la position du Parti libéral sur la charte des valeurs», a-t-il commenté.

Dans sa lettre transmise jeudi à La Presse Canadienne, la députée de La Pinière contestait l'ouverture du parti au tchador, prônait une limite aux libertés fondamentales si elles venaient en contradiction avec le principe d'égalité hommes-femmes et jugeait que l'approche actuelle du parti sur ces questions marquait une rupture avec l'histoire du PLQ.

M. Couillard a pu prendre connaissance du contenu de la lettre en même temps que tout le monde, la députée ne l'ayant pas avisé de sa démarche.

La veille, les libéraux avaient tenu un caucus houleux, au cours duquel Mme Houda-Pepin aurait défié son chef, indiquent des témoins. Elle lui aurait reproché de ne pas prendre en compte suffisamment ses idées.

Depuis, les ponts semblent coupés entre la députée, ses collègues et son chef.

Parizeau invite à la discussion

L'ex-premier ministre péquiste Jacques Parizeau a mis son grain de sel dans le débat, en affirmant que tous les chefs des partis représentés à l'Assemblée nationale «devraient chercher à s'entendre sur une formulation», en faisant référence au projet de charte des valeurs du gouvernement Marois.

«En ce moment, avec des discussions comme celles-ci, nous définissons la société dans laquelle nous voulons vivre», a-t-il poursuivi.

«Alors il ne faut pas reculer devant le débat; il ne fait pas s'étonner du tout que ça craque à l'intérieur des partis... C'est peut-être un signe de maturité qu'on accepte de discuter de questions comme celles-là dans notre société», a conclu M. Parizeau, en marge d'une allocution qu'il prononçait à Montréal.

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