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14/11/2013 12:20 EST

Réforme santé: Obama fait une concession

Bloomberg via Getty Images
U.S. President Barack Obama pauses while speaking during a nomination announcement with Timothy 'Tim' Massad, assistant secretary of financial stability at the U.S. Treasury and U.S. President Barack Obama's nominee as chairman of the Commodity Futures Trading Commission (CFTC), not pictured, in the State Dining Room of the White House in Washington, D.C., U.S., on Tuesday, Nov. 12, 2013. Massad would take over an agency that has put into place more than 60 rules mandated by Dodd-Frank to help reduce risk and increase transparency in the swaps market after largely unregulated trades helped fuel the crisis. Photographer: Andrew Harrer/Bloomberg via Getty Images

Le président Barack Obama a fait amende honorable jeudi en disant avoir entendu "cinq sur cinq" les plaintes d'Américains sur sa remise à plat de l'assurance maladie, dont il a annoncé un changement, une concession visant à éteindre l'incendie y compris dans son camp.

Prononçant quatre fois le mot "ratage" lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, Barack Obama a fait ce qu'il avait refusé de faire jusqu'à présent: amender "Obamacare", le pilier de son programme de réforme, qui a résisté à plus de trois ans d'assauts parlementaires et a été validé par la Cour suprême, mais se retrouve aujourd'hui la victime d'un lancement houleux depuis le 1er octobre.

"Il est légitime pour (les Américains) de s'attendre à ce que je regagne un peu de confiance sur la réforme de la santé en particulier, et en général", a lancé le président américain, dont la cote de confiance a plongé dans l'opinion ces dernières semaines.

"C'est moi le responsable. Nous avons raté le lancement de cette réforme", a-t-il avoué.

Barack Obama a cherché à prendre de court le Congrès, où même une partie de ses alliés démocrates a commencé à le lâcher en menaçant de modifier d'eux-mêmes la loi sur la santé, par la voie législative.

En cause: la situation d'environ 5% des Américains, qui sont assurés pour leur santé auprès d'assureurs privés et sans passer par des employeurs, et dont les forfaits d'assurance ont été résiliés car ils devenaient illégaux au regard de la nouvelle loi. Ces Américains ont reçu ces dernières semaines des avis de résiliation d'office de leurs contrats d'assurance, alors que Barack Obama avait publiquement promis que la loi ne les affecterait pas.

La solution annoncée par le président, qui ne nécessite pas l'aval du Congrès, permettra aux assureurs de prolonger ces contrats en 2014.

"Je comprends à quel point (une résiliation) peut provoquer la détresse de nombreux Américains, a-t-il dit. "Et à ces Américains, je veux dire: je vous entends cinq sur cinq. J'ai dit que je ferais tout mon possible pour résoudre ce problème et aujourd'hui je présente une idée qui aidera à le faire".

Conséquences électorales

M. Obama a aussi reconnu qu'Obamacare, fleuron de son bilan social, avait constitué ces derniers temps un "fardeau" pour ses alliés démocrates, un an avant les législatives de la mi-mandat.

"Ça va dans la bonne direction", s'est félicité le sénateur démocrate Joe Manchin après l'annonce. "Vous savez, il faut qu'on reconstruise la crédibilité que nous avons perdue".

Mais les républicains voyaient dans l'admission présidentielle un aveu de faiblesse, et n'entendaient pas mettre fin à leurs coups de butoir.

"Le président n'a absolument aucune crédibilité sur cette promesse", a réagi John Boehner, chef de file des républicains de la Chambre des représentants. "Il ne s'agit pas d'autre chose que d'une réponse politique dont le but est de reporter la faute sur les autres plutôt que de résoudre le problème".

Vendredi, la Chambre dominée par les républicains votera pour aller plus loin encore que la solution administrative proposée. Des démocrates ont aussi indiqué qu'ils persisteraient, notamment pour pérenniser au-delà d'un an le plan du président.

La fureur déclenchée par les résiliations d'assurances a été décuplée par les graves dysfonctionnements du portail internet lancé le 1er octobre, et où tout Américain non-assuré doit en théorie pouvoir s'inscrire pour souscrire une assurance.

Bien que les capacités du site principal, géré par le gouvernement fédéral, aient été augmentées et de nombreux bugs résolus, seulement environ 27 000 personnes ont réussi à y souscrire une assurance en octobre (au total, en comptant les sites gérés directement par 14 Etats, environ 106 000 personnes seulement).

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