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13/11/2013 07:22 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

Rob Ford confesse qu'il a acheté des drogues illégales

Le maire de Toronto, Rob Ford, a confessé, mercredi matin, devant le conseil municipal qu'il avait acheté des drogues illégales au cours des deux dernières années.

Il a répété, toutefois, qu'il n'était pas un toxicomane ou un alcoolique. Le maire Ford s'est par ailleurs défendu quant à son refus de parler à la police, en expliquant qu'il suivait simplement les conseils de son avocat. 

Pendant que le conseil débat du sort du maire, plusieurs centaines de personnes manifestent devant l'hôtel de ville pour demander sa démission.

Plus tôt dans la matinée, les deux tiers des conseillers municipaux, y compris plusieurs alliés, ont présenté une pétition, enjoignant M. Ford de quitter son poste, le temps de subir une cure de désintoxication. Ce dernier a admis la semaine dernière qu'il avait déjà fumé du crack. L'instigatrice de la pétition, la conseillère Jaye Robinson, a affirmé que « la réputation de notre ville a été entachée et elle continue d'en souffrir ».

Nombre de conseillers, incluant l'ancien chef du budget du maire Mike Del Grande, ont accusé M. Ford de deux poids, deux mesures, soulignant qu'il avait demandé récemment le renvoi d'un employé municipal qui s'était endormi au travail.  

Le maire Ford a répété qu'il n'avait aucune raison d'être en convalescence.

La salle du conseil est pleine à craquer mercredi; des dizaines de résidents doivent même se tenir debout.

Quelques dizaines de minutes seulement après le début des échanges, la séance du conseil a été suspendue temporairement, après que le conseiller Minnan-Wong eut demandé au maire de s'excuser, parce qu'il avait, selon ses dires, tenté de l'intimider physiquement alors qu'il voulait discuter avec la présidente de l'assemblée. 

M. Ford a nié les allégations.

Le conseiller Minnan-Wong a défendu sa motion contre le maire, affirmant qu'il avait fait preuve d'un « terrible jugement ».

Le conseiller Doug Ford s'est ensuite porté à la défense de son frère, accusant M. Minnan-Wong d'être un hypocrite. Le conseiller Ford a pressé son collègue à admettre qu'il avait déjà fumé de la marijuana, ce qu'il a refusé de faire, menant à une deuxième interruption de la séance du conseil.

Selon la première motion contre le maire, le conseil municipal enjoint M. Ford à quitter son poste temporairement et à collaborer avec la police, qui cherche depuis des jours à l'interroger. La deuxième motion, dont il ne sera pas question avant vendredi, vise à retirer au maire le pouvoir de remplacer le maire adjoint ainsi que les présidents des différents comités municipaux, s'il persiste à vouloir rester en poste.

Même si une majorité d'échevins votent en faveur du retrait du maire, le conseil n'a pas le pouvoir de le contraindre à quitter son poste, même temporairement.

Soutien

En plus de son frère Doug Ford, quelques conseillers ont soutenu le maire, mercredi. 

Vincent Crisanti a souligné que les services municipaux, comme la collecte des ordures, continuaient à fonctionner.

Pour sa part, son collègue Giorgio Mammoliti est « déçu » par le maire. Mais, selon lui, le débat au conseil sur son sort est du « gaspillage de fonds publics ».

De son côté, le conseiller Gord Perks, pourtant un critique du maire, a affirmé qu'il n'était pas du ressort du conseil de décider du sort de M. Ford. « C'est à ça que servent les élections », selon lui.

Plus tôt mercredi, Rob Ford a refusé de commenter un nouveau sondage Ipsos Reid qui indique qu'une forte majorité de Torontois veulent qu'il démissionne. Ce dernier a répondu que « le seul sondage qui compte, c'est celui du 27 octobre 2014 [le prochain scrutin] ». 

Pour sa part, le ministre ontarien des Finances, Charles Sousa, a tué dans l'œuf l'idée de destituer le maire, s'il refuse de quitter ses fonctions volontairement. Le ministre a expliqué en entrevue au Toronto Star qu'une telle intervention de son gouvernement « créerait un précédent pour les autres villes ontariennes ». 

D'autres révélations?

De son côté, un juge de la Cour supérieure de l'Ontario a autorisé, mercredi, la publication de documents supplémentaires relativement à l'arrestation de l'un des amis du maire, Alessandro Lisi, qui a été accusé de trafic de drogue et d'extorsion pour avoir tenté de s'emparer de la vidéo.

Déjà, dans quelque 300 pages de documentation dévoilées plus tôt ce mois-ci, on apprenait que la police avait observé une série de rencontres suspectes au cours des derniers mois entre le maire et Alessandro Lisi, qui s'échangeaient des sacs de plastique et des enveloppes. Les médias cherchent maintenant à mettre la main entre autres sur les rapports d'écoute électronique des enquêteurs.

Par ailleurs, le juge Ian Nordheimer a pris en délibéré sa décision quant à la possibilité de permettre à l'avocat d'un Torontois accusé de trafic de drogue, qui apparaissait au côté du maire sur une photo prise devant une présumée fumerie de crack, de visionner la fameuse vidéo de M. Ford en train d'inhaler ce dérivé de la cocaïne.

La Couronne indique que l'accusé, Mohammad Khattak, n'est même pas dans la vidéo. Mais son avocat soutient que son client est condamné par association. Le magistrat a lui-même regardé l'enregistrement en privé mardi.

Si le juge Ian Nordheimer accepte de montrer la vidéo à l'avocat, les médias pourraient vite en demander eux aussi une copie.

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