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13/11/2013 12:51 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

Rob Ford: présence possible de «prostituées» dans son bureau de l'hôtel de ville

TORONTO - Selon des documents judiciaires, des proches de Rob Ford se seraient déjà inquiétés de la consommation de drogues du maire de Toronto, d'un épisode de conduite avec facultés affaiblies par l'alcool, et même de la présence possible de «prostituées» dans son bureau de l'hôtel de ville.

Ces allégations n'ont pas été prouvées devant un tribunal. Les documents ont été divulgués mercredi, quelques minutes après que Rob Ford eut pour la première fois admis, en séance du conseil, qu'il avait déjà acheté des drogues illégales alors qu'il était maire de Toronto.

Ces documents reprennent le contenu de rencontres entre la police et des proches du maire en disgrâce.

Plusieurs des allégations d'anciens membres du personnel concernent la Saint-Patrick de l'an dernier. Un ex-employé a dit à la police qu'au cours de cette soirée, il avait vu M. Ford avec un autre collègue, un ami et une jeune femme blonde appelée Alana qui, selon lui, était «une escorte ou une prostituée».

La même femme avait été vue avec le maire Ford lors d'un enterrement de vie de garçon, a indiqué Isaac Ransom aux policiers.

M. Ransom a affirmé que M. Ford buvait à même une bouteille de vodka de 40 onces, et qu'au moment où il était arrivé au bureau de la mairie cette soirée-là vers 21 h, la moitié de la bouteille avait été bue.

«Le maire Ford était totalement hors de contrôle et avait assurément bu», selon la déclaration d'Isaac Ransom citée dans les documents. Le maire voulait «fumer des stupéfiants» avec Alana et son ami, mais ses employés l'en ont empêché, a-t-il dit.

M. Ford s'est rendu dans un bar ce soir de la Saint-Patrick, et une amie d'Alana s'est pointée, a-t-il ajouté.

«Quand il s'est levé pour partir, il a décidé qu'il voulait se rendre sur la piste de danse, alors il s'y est dirigé, a trébuché et est tombé au sol», a soutenu l'ancien employé.

Un autre membre du personnel, Chris Fickel, a raconté à la police qu'il n'était pas avec le maire ce soir-là, mais qu'il avait entendu dire que Rob Ford était revenu à l'hôtel de ville avec trois membres du personnel, un ami et «deux femmes qui pourraient avoir été des prostituées».

Le maire a alors commencé à pleurer sans pouvoir se contrôler, a agressé physiquement un employé, en a poussé un autre avant de se rendre chez lui seul en voiture, indiquent les documents.

De plus en plus isolé dans son refus de se retirer de la mairie, M. Ford a réitéré mercredi avoir l'intention de demeurer en poste, malgré une motion adoptée au conseil municipal réclamant qu'il prenne un congé autorisé.

À la suite d'échanges souvent enflammés entre M. Ford et certains conseillers, une motion appelant le maire à prendre un congé autorisé a été adoptée à 37 voix contre 5. Il s'agit toutefois d'une motion non contraignante, même si le conseiller qui l'a déposée a indiqué qu'il en appellerait au gouvernement provincial si le maire Ford résistait aux voeux du conseil.

Juste avant la tenue de ce vote, M. Ford avait tenté de présenter une motion qui aurait forcé tous les conseillers municipaux à subir des tests de dépistage de drogues. Le président du conseil a jugé cette proposition irrecevable.

«S'excuser et dire qu'on est désolé, il faut le dire combien de fois?», a lancé le maire.

À l'extérieur de l'hôtel de ville, des centaines de manifestants sont aussi venus exiger à grands cris, mercredi, le départ du controversé maire de la métropole canadienne.

À l'intérieur, le maire, agressif, a répété qu'il n'avait aucunement l'intention de démissionner ou de se retirer temporairement, alors que des conseillers le prenaient à partie pour ses agissements.

«Avez-vous acheté de la drogue illégale dans les deux dernières années?», a demandé le conseiller Denzil Minnan-Wong.

La salle du conseil est demeurée silencieuse pendant un certain moment.

«Oui, je l'ai fait», a répondu le maire.

Rob Ford avait précédemment admis avoir consommé du crack et abusé de l'alcool, mais en réplique à des questions plus pressantes, il a nié avoir un problème de dépendance.

Ces «quelques incidents isolés» d'abus de substances sont attribuables à de la «pure stupidité» plutôt qu'à de la dépendance, a fait valoir M. Ford.

«Je suis conscient de l'embarras que j'ai causé à chaque résidant de cette ville, a-t-il affirmé. J'en suis humilié, mais je ne peux pas changer le passé.»

Un autre conseiller l'a pressé de questions sur la maison de l'ouest de Toronto que la police a décrite comme une «fumerie de crack», et qui serait aussi reliée à la vidéo montrant le maire Ford semblant fumer du crack.

M. Ford a répondu avec hargne à la question, soutenant «qu'il ne s'agissait pas d'une fumerie de crack» mais plutôt d'une résidence familiale.

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