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13/11/2013 08:23 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

Philippines: les victimes du typhon affluent à l'aéroport de Tacloban

TACLOBAN, Philippines - La clinique improvisée mise sur pied à l'aéroport désaffecté de Tacloban est devenue le principal centre médical pour les victimes du puissant typhon qui a dévasté les Philippines, la semaine dernière.

Les médicaments y sont insuffisants, les installations pratiquement inexistantes et il n'y a que très peu de médecins. La seule chose dont il ne manque pas, ce sont des patients.

Des centaines de personnes blessées, de femmes enceintes, d'enfants et d'aînés s'entassent dans l'aéroport reconverti depuis le passage du typhon Haiyan, vendredi, qui a fait des milliers de victimes.

Mercredi, les docteurs devaient conjuguer avec des lésions, des fractures et des complications de grossesse, mais ils s'attendaient à devoir gérer des cas plus sérieux de pneumonies, de déshydratation, d'infections et de diarrhée.

Les problèmes médicaux s'ajoutent à la tâche des autorités, qui tentent déjà de mettre fin aux nombreux pillages rapportés et de régler les embouteillages empêchant la livraison de milliers de tonnes de matériel d'aide.

«La priorité doit être d'amener des vivres et de l'eau. Nous en avons reçu beaucoup aujourd'hui mais même ça, ça ne sera pas suffisant. Nous devons absolument donner plus d'ampleur aux opérations, de manière continue», a déclaré aux journalistes la responsable humanitaire de l'ONU, Valerie Amos, après avoir visité Tacloban. Son agence a débloqué 25 millions $ US en fonds d'urgence.

Par ailleurs, l'administration Obama a annoncé en fin d'après-midi mercredi que le nombre de militaires américains envoyés aux Philippines pourrait tripler et atteindre plus de 1000 soldats d'ici la fin de la semaine.

Des représentants officiels ont déclaré qu'après quelques premiers jours très difficiles, les problèmes logistiques qui empêchaient la marchandise d'être acheminée à bon port commençaient à se résorber.

Pour l'instant, on compte 307 militaires américains dans l'archipel, mais d'autres Marines basés à Okinawa, au Japon, devraient bientôt les rejoindre.

Bien que l'aide promise commence à arriver au compte-goutte, ce n'est pas assez rapide pour aider les quelque 600 000 déplacés, dont la plupart manquent toujours d'abris et de vivres.

Les incidents de pillage se multiplient depuis la tempête, et la police semble impuissante à y mettre fin. Des informations non confirmées font état de bandes de pillards armés qui sévissent de manière systématique et orchestrée.

Huit personnes ont été tuées par l'effondrement d'un mur mardi, quand une foule a pris d'assaut un entrepôt de riz situé à environ 25 kilomètres de Tacloban, sur l'île de Leyte. Les pillards ont emporté des milliers de sacs de riz.

Mercredi, une fusillade a éclaté entre la police et des hommes armés près du pont San Juanico.

Le maire de Tacloban, Alfred Romualdez, a incité ses concitoyens à fuir la ville puisque les autorités peinent à leur fournir des vivres et à assurer leur sécurité, rapporte le New York Times. Il a déclaré que la ville avait désespérément besoin de camions pour distribuer les vivres qui s'entassent à l'aéroport et pour emporter les cadavres qui pourrissent dans les rues.

En dépit de ces incidents, les responsables affirment qu'ils reprennent le contrôle de la situation.

«Nous avons rétabli l'ordre, a dit le directeur des forces spéciales de la police nationale philippine, Carmelo Espina Valmoria. Il y a eu du pillage depuis trois jours, mais la situation s'est stabilisée.»

Le gouvernement a déployé des milliers de soldats et environ 600 policiers provenant d'ailleurs au pays pour essayer de renforcer la sécurité. Les forces de sécurité, incluant des ingénieurs de l'armée, s'affairent à nettoyer les routes et à déplacer les dépouilles, dont plusieurs ont été abandonnées sur le bord des routes. Un couvre-feu a été imposé dans la région, de 18 h à 6 h.

«Il y a beaucoup de corps à l'extérieur. Nous n'avons pas d'eau, pas de nourriture», a dit le docteur Victoriano Sambale, l'un des dix médecins qui tentent de soulager les victimes affluant à l'aéroport. Avant mercredi, il n'y avait pas d'analgésiques, et les plaies devaient être recousues dans la douleur.

«Pour tout vous dire, il y a un peu une embâcle pour amener du matériel ici, a admis un employé de l'ONU, Sebastian Rhodes Stampa, pendant que des avions de transport C-130 rugissaient derrière lui à l'aéroport de Tacloban. C'est presque partout dans le pays — soit à Manille ou à Cebu, mais ce n'est pas ici. Ce sera tout un défi logistique de sortir les choses d'ici, dans la ville, hors de la ville, vers d'autres régions. C'est surtout parce que nous n'avons pas de camions et que les routes sont fermées.»

Des avions, des navires et des camions étaient en route vers la région sinistrée. Ils transportent des génératrices, des équipements de purification de l'eau et de l'éclairage d'urgence, qui sont tous essentiels à une mission de secours de cette ampleur.

Le bilan officiel s'établissait mercredi à 2344 morts, selon ce qu'a rapporté une agence gouvernementale.

Il devrait toutefois continuer à s'alourdir, au fur et à mesure que de l'information précise est recueillie dans la zone dévastée, qui s'étend de l'est au centre des Philippines. Les îles de Leyte et Samar semblent les plus touchées de l'archipel.

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