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13/11/2013 06:53 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

L'aide humanitaire du Canada arrive aux Philippines

Le premier ministre Stephen Harper a indiqué mercredi que l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe, la DART, était arrivée à Iloilo, aux Philippines, ville complètement dévastée par le passage d'un typhon meurtrier en fin de semaine dernière. De passage à l'ambassade des Philippines à Ottawa pour signer un livre de condoléances, M. Harper a souligné qu'il s'agissait d'un des secteurs touchés ayant le moins bénéficié des efforts humanitaires jusqu'ici.

Les autorités des Philippines ont affirmé que Iloilo, l'une des deux principales villes de l'île de Panay, se situait dans la trajectoire directe du typhon Haiyan, et qu'on y compterait 162 morts et 68 543 maisons détruites. Globalement, plus de 530 000 personnes ont été affectées dans la région de Iloilo par le typhon, qui aurait causé la mort de 2275 personnes dans tout l'archipel des Philippines.

Un premier groupe de la DART est arrivé à Manille. Le reste de l'équipe est en escale à Hawaï et attend ses directives. Le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, a indiqué mercredi qu'un second appareil C-17 décollait aussi avec des fournitures et de l'équipement. M. Nicholson a affirmé que les militaires travaillaient également avec la Croix-Rouge canadienne pour déployer une équipe médicale de 12 personnes et un hôpital de campagne - pouvant fournir des soins de base et opératoires à jusqu'à 300 personnes par jour et offrir 74 lits d'hospitalisation.

La DART peut fournir de l'assistance médicale de base, du soutien en ingénierie et de l'eau potable grâce à ses systèmes sophistiqués de filtration. L'équipe est composée notamment de plombiers, de charpentiers ou encore d'ingénieurs, qui font partie des Forces canadiennes. Le gouvernement canadien a déjà promis jusqu'à 5 millions de dollars d'aide et s'est engagé à offrir des sommes équivalentes aux dons du public qui seraient recueillis pour les organisations sur le terrain.

M. Nicholson a rencontré mercredi matin les 12 délégués canadiens de la Croix-Rouge qui partaient pour l'Asie. Ils vont aménager un hôpital de campagne qui sera en place pour au moins quatre mois et comptera 74 lits. Leur tâche s'annonce difficile, face à l'ampleur de la catastrophe, selon une des responsables de l'équipe, la médecin déléguée de la Croix-Rouge Danielle Perreault. « On a évidemment des narcotiques pour soulager la douleur là-bas, ils vont peut-être avoir un peu de Tylenol, ou rien », explique-t-elle en entrevue à Radio-Canada.

Blessures physiques et détresse psychologique

Les sinistrés peuvent présenter des blessures cutanées parfois douloureuses, estime Mme Perreault, qui a déjà participé à une mission humanitaire du même type en Haïti. « Les blessures sont des blessures souffrantes sur la peau [...] cette souffrance-là est quand même assez pénible », dit-elle. Aux blessures physiques s'ajoutera la détresse psychologique.

L'équipe canadienne de la Croix-Rouge devra aussi faire des choix déchirants, étant donné le nombre de sinistrés, en fonction de ses moyens. « Ce qui va probablement être plus dur encore, c'est de dire qu'on va pouvoir soigner tant de gens à la fois », dit-elle.

Les militaires canadiens ne seront pas seuls

Les Canadiens ne seront toutefois pas seuls sur place. De nombreux pays ont offert leur aide aux Philippines, selon Bernard Kerbalat, le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, qui se trouve dans ce pays. Un navire de l'armée américaine est en route vers l'archipel. Des Marines américains vont aussi prêter main-forte aux autorités philippines, qui ont tardé à réagir selon certains sinistrés. « Ils vont beaucoup aider à continuer la reconnaissance des zones sinistrées », dit M. Kerbalat.

Le Royaume-Uni a aussi envoyé des moyens aériens et navals aux Philippines, indique le représentant de l'agence de l'ONU. Des militaires japonais, des équipes israélienne, norvégienne, française et allemande sont aussi sur place ou sont sur le point de s'y rendre. Si bien que l'aéroport de Dubaï aux Émirats arabes unis connaît un embouteillage, selon M. Kerbalat.

C'est en effet par cette ville que passent la plupart des avions d'aide humanitaire, avant d'atterrir aux Philippines, dit-il.

Des Philippins, comme Marie Janice Galvez, sont touchés par la solidarité de la communauté internationale. « Je remercie vraiment tout le monde pour la générosité, surtout ici au Canada [...] je sens vraiment les émotions de tout le monde pour aider mon pays », a expliqué cette résidente du Québec, en entrevue à Radio-Canada.

Si vous êtes sans nouvelles de vos proches qui se trouvent aux Philippines, vous pouvez contacter le ministère des Affaires étrangères au 1 800 387-3124 ou au 613 996-8885 et par courriel : sos@international.gc.ca.

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