NOUVELLES
13/11/2013 02:43 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

Égypte: l'ex-président Morsi accuse le général al-Sissi de trahison

LE CAIRE, Égypte - L'ex-président de l'Égypte Mohammed Morsi a accusé le général qui l'a destitué, plus tôt cette année, de trahison dans un message lu par des avocats, mercredi, soutenant que le pays ne connaîtrait pas le repos tant et aussi longtemps que le coup d'État ne serait pas renversé et ses responsables jugés.

Ce communiqué constitue une première tentative de la part du président déchu pour rassembler ses partisans depuis sa détention dans un lieu gardé secret. L'ancien dirigeant avait été coupé de pratiquement tout contact avec le monde extérieur depuis qu'il a été écarté du pouvoir le 3 juillet.

La semaine dernière, il a été transféré dans une prison régulière de droit commun, près d'Alexandrie, au bord de la Méditerranée, après la première étape de son procès pour incitation au meurtre. C'est là qu'il y a tenu une première longue rencontre, mardi, avec des avocats de la formation dont il est issu, les Frères musulmans, de même que d'autres alliés.

Sa sortie survient toutefois dans un contexte fort différent de celui qui prévalait en Égypte il y a quatre mois. La violente répression des forces de l'ordre contre les Frères musulmans a affaibli le mouvement; des milliers de membres ont été arrêtés et des centaines d'autres tués. Une ordonnance de la cour a déclaré le groupe illégal, et un comité nommé par le gouvernement examine ses actifs et pourrait les saisir. Le nouveau gouvernement, qui profite de l'appui de l'armée, favorise un plan de transition prévoyant de nouvelles élections présidentielle et législatives au début de l'an prochain.

L'ex-président Morsi a déclaré que le général Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige l'armée, a bafoué son serment de loyauté et commis une «trahison envers Dieu et envers toute la nation en divisant le peuple égyptien».

Il a aussi divulgué pour la première fois des détails sur ses conditions de détention. L'homme, âgé de 62 ans, a souligné avoir été «enlevé par la force et contre (son) gré» le 2 juillet, la veille de l'annonce par le général Al-Sissi de l'entrée en fonction d'un président intérimaire.

L'ancien dirigeant refuse toujours qu'un avocat le représente pendant le procès puisqu'il ne reconnaît pas l'autorité du tribunal et affirme qu'il demeure, selon lui, le président de l'Égypte.

Son procès devrait reprendre le 8 janvier.

Il est accusé, avec 14 autres personnes — dont sept sont toujours en cavale —, d'avoir incité au meurtre des manifestants qui s'étaient massés devant le palais présidentiel en décembre, l'an dernier, pour exiger la tenue d'un référendum sur la constitution islamiste que son gouvernement souhaitait adopter.

PLUS:pc