BIEN-ÊTRE
13/11/2013 09:45 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

Les cardiologues recommandent des anti-cholestérol pour prévenir les maladies cardiovasculaires

Chris Gallagher via Getty Images

Le Collège de cardiologie (ACC) aux États-Unis recommande désormais d'élargir l'usage des anti-cholestérol pour prévenir des infarctus et des attaques cérébrales augmentant le nombre d'Américains prenant ces médicaments puisque un tiers des adultes seraient concernés dans le pays

Cette recommandation apparaît dans la dernière mise à jour du guide clinique de l'American College of Cardiology et de l'American Heart Association rendue publique mardi et dont la précédente édition remonte à 2004.

Environ un adulte sur trois aux États-Unis ou 33 millions de personnes qui n'ont pas encore développé de maladie cardiovasculaire ou n'ont pas eu de crise cardiaque ni d'accident vasculaire cérébral, courent un risque suffisamment élevé pour recevoir un traitement préventif de statines, les anti-cholestérol les plus efficaces, explique l'ACC.

"La vaste majorité des attaques cardiaques et cérébrales pourraient être évitées si les personnes étaient conscientes de leur risque, et si elles avaient fait tout ce que nous savons efficace pour le réduire", assure le Dr David Goff, professeur de santé publique à l'Université du Colorado, qui a participé à cette mise à jour.

"Mais les patients comme les médecins généralistes sous-estiment souvent le risque de maladies cardiovasculaires, surtout quand ils le considèrent sur le long terme", soit au-delà de dix ans, ajoute-t-il.

"Ce document offre aux médecins le guide le plus complet et le plus à jour pour évaluer ce risque, ce qui leur permettra d'agir avec leurs patients pour leur éviter un infarctus ou un accident vasculaire cérébral", souligne encore le Dr Goff.

Les facteurs les plus connus contribuant à l'athérosclérose --une accumulation de plaques dans les artères-- sont l'âge, le taux de cholestérol, la tension artérielle, le tabagisme et le diabète que les médecins généralistes peuvent facilement identifier et intégrer dans une formule pour déterminer le risque, précisent ces cardiologues.

Jusqu'alors les statines comme le Lipitor ou le Zocor étaient seulement prescrites pour faire baisser un taux trop élevé de mauvais cholestérol ou LDL --190 mg/décilitre de sang et davantage-- pour le ramener au-dessous de 100 mg/dl. Il est estimé qu'un Américain sur quatre de plus de 40 ans, ou 15%, est traité avec des statines.

La définition de cholestérol trop élevé n'est pas modifiée mais la stratégie de traitement change, insistent ces cardiologues.

"L'objectif est de chercher à mieux traiter", dit le Dr Neil Stone de l'Université Northwestern, qui a présidé le groupe chargé de réviser le guide clinique de cardiologie.

"L'impact probable de ces nouvelles recommandations est qu'il y aura beaucoup plus de personnes devant bénéficier des statines qui en prendront, et beaucoup moins avec un faible risque cardiovasculaire qui se verront prescrire ces médicaments", a-t-il prédit.

Mais ces cardiologues insistent sur l'importance du mode de vie pour réduire le risque cardiovasculaire avec un régime alimentaire approprié et suffisamment d'exercice physique.

Dans le passé, l'évaluation du risque cardiovasculaire ne se concentrait que sur les maladies coronariennes, ignorant le risque d'accidents vasculaires cérébraux, quatrième cause de mortalité chez les femmes et les Noirs aux Etats-Unis qui y sont plus susceptibles.

"Nous laissions un grand nombre de risques de côté en se focalisant seulement sur les maladies des coronaires du coeur", relève le Dr Donald Lloyd-Jones, professeur de médecine à la faculté de médecine de l'Université Northwestern.

Ce guide offre une meilleure approche pour calculer le risque d'infarctus et d'accident vasculaire cérébrale en prenant mieux en compte des facteurs comme le groupe ethnique et le sexe, précise-t-il.

"Il y a des indications que les facteurs de risque comme l'âge, le tabac, le cholestérol élevé, la tension artérielle et le diabète ont des effets quelque peu différents chez les femmes et les hommes, et certainement chez les Blancs et les Noirs", note le cardiologue.

Mais certains médecins craignent que cette nouvelle approche ne conduise à une sur-utilisation des statines.

Ainsi un homme plus âgé qui fume, a un bas taux de mauvais cholestérol et une tension artérielle légèrement trop élevée, entre dans le nouveau profil de risque le qualifiant pour être traité avec des statines, explique au New York Times le Dr Paul Ridker, directeur du Centre de prévention des maladies cardiovasculaires de l'Hopital Brigham and Women à Boston (Massachusetts, nord est).

Mais en fait il a surtout besoin d'arrêter de fumer et de contrôler sa tension artérielle, ajoute-t-il.

"Les maladies cardiovasculaires résultant de l'athérosclérose sont la première cause de mortalité et une cause majeure de handicap ainsi qu'une énorme source de dépenses de soins médicaux", rappelle le Dr Donald Lloyd-Jones.

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