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11/11/2013 09:38 EST | Actualisé 12/01/2014 05:12 EST

Pari réussi pour Mylène Paquette (VIDÉO)

La Montréalaise Mylène Paquette a réalisé son exploit de devenir la première rameuse Nord-américaine à traverser l'Atlantique Nord en direction est en solitaire.

Partie de Halifax le 6 juillet dernier, la navigatrice de 35 ans a franchi la ligne d'arrivée à l'île d'Ouessant, le 12 novembre, à 11 h 09, heure locale, après avoir ramé 2700 milles nautiques, soit quelque 5000 kilomètres. Les autorités avaient établi une ligne d'arrivée fictive dans le golfe de Gascogne en raison des dangers de naviguer près des côtes de la Bretagne à l'automne.

L'embarcation de la rameuse a ensuite été remorquée sur 6  miles nautiques jusqu'au port de Lorient. Sa famille et de nombreux médias sont partis à sa rencontre.  Après 130 jours de mer, l'aventurière avait  hâte de poser le pied sur la terre ferme. 

Mylène Paquette est finalement arrivée à Lorient en France vers 18 h heure locale (vers midi HNE).  La rameuse se dit épuisée, mais emballée par son expérience. « Je me sens en sécurité », a-t-elle déclaré. « Mon corps est vraiment épuisé. Je ne me suis jamais sentie aussi vieille, mais jamais aussi heureuse non plus », a-t-elle ajouté.

La priorité de Mylène Paquette est maintenant de serrer sa famille et ses amis dans ses bras, d'ouvrir une bouteille de champagne et de prendre un bon repas dans un restaurant. Malade, elle devra également consulter un médecin rapidement.

Fin de traversée difficile

Les dernières heures de rame ont été très difficiles pour Mme Paquette en raison de forts vents provenant du nord.

Son périple n'a d'ailleurs pas été de tout repos. Elle a notamment chaviré plusieurs fois, dont trois fois la même journée.

La rameuse, qui a été blessée à la suite de cette série de chavirage, a raconté que les derniers jours ont été difficiles. « Les derniers chavirages m'ont vraiment coûté ma santé. »

Mylène Paquette a été blessée à la tête, à une jambe et à un bras. Son éolienne a également été endommagée. Elle a terminé sa traversée avec deux rames différentes rafistolées.  

« Depuis 6-7 jours, je n'avais plus d'électricité, donc j'étais vraiment dans une situation précaire », dit-elle. Elle n'était plus autonome et c'est son équipe au sol qui devait lui indiquer les directions à prendre. « C'est vraiment grâce à mon équipe que je suis ici aujourd'hui, je ne peux pas le nier. »

La rameuse avait reçu des provisions, dont des fruits et légumes frais, et des encouragements du bateau de croisière Queen Mary II, en septembre. Cette rencontre surprise fut très appréciée de la rameuse.

Son bateau, une coquille autoredressable, a été fabriqué à Rimouski par Hermel Lavoie. Ce dernier, un mécanicien à la retraite, a fait partie de l'équipe au sol de Mylène Paquette qui a soutenu l'athlète tout au long de son voyage en mer.

Un des objectifs du voyage de Mylène Paquette était de sensibiliser les gens à l'importance des écosystèmes marins, notamment ceux du fleuve et du golfe Saint-Laurent. Elle a d'ailleurs raconté, à son arrivée, à quel point cet objectif a été une source de motivation pour elle. Tout au long du voyage, la rameuse a échangé avec de jeunes élèves tant sur son aventure que sur l'océan sur lequel elle naviguait.

Elle a d'ailleurs publié une lettre aux derniers jours de son voyage qui rend hommage au milieu océanique où elle a ramé pendant quatre longs mois.

Mylène Paquette est préposée aux bénéficiaires auprès des enfants de l'hôpital Sainte-Justine, à Montréal. Elle a découvert la rame océanique à 27 ans. En 2010, elle effectuait une première traversée de l'Atlantique à la rame entre la Barbade et le Maroc. Elle était alors la seule femme d'un équipage de six rameurs.