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12/11/2013 03:55 EST | Actualisé 12/11/2013 04:23 EST

Égypte: pire pays arabe pour les femmes, selon une enquête Thomson Reuters

AFP via Getty Images
An Egyptian woman holds a banner as she marches in downtown Cairo to mark International Women's Day on March 8, 2013. Faced with a spike in sexual violence against female protesters, Egyptian women are overcoming stigma and recounting painful testimonies to force silent authorities and a reticent society to confront 'sexual terrorism.' AFP PHOTO / MAHMUD KHALED (Photo credit should read MAHMUD KHALED/AFP/Getty Images)

La semaine dernière, les résultats de la troisième enquête Thomson Reuters, portant sur les droits des femmes dans les 21 pays de la Ligue arabe, ont été publiés.

Lanterne rouge du classement, l'Égypte affiche un mauvais score dans tous les domaines. Depuis l'élection du président déchu Mohammed Morsi, en juin 2012, l'influence des islamistes s'est accentuée dans le pays, amenant avec elle un recul pour les droits des femmes. Selon un rapport des Nations Unies publié en avril 2013, plus de 99% des femmes égyptiennes auraient subi au moins une agression sexuelle.

Les femmes sont aussi en proie au trafic et à des lois discriminatoires, normalisant les actes de violence commis contre elles. Selon Human Rights Watch, 91 femmes auraient été violées ou agressées sexuellement en public, en juin 2013, sur la place Tahrir, lors des manifestations anti-Morsi.

«Comme le montrent les sondages, nous les femmes avons besoin d'une double révolution, une contre les différents dictateurs qui ont ruiné nos pays et une autre contre ce mélange toxique de culture et de religion qui ruine nos vies en tant que femmes», a déclaré la journaliste Mona Eltahawy à Reuters.

Pour dresser son classement, la fondation Thomson Reuters a interrogé en août et septembre 336 spécialistes dans 21 états de la Ligue arabe et en Syrie (suspendue de la Ligue) pour donner un tableau global de la situation des droits des femmes trois ans après les différents «Printemps arabes».

Les questions ont été rédigées à partir des dispositions prévues dans la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes, signée ou ratifiée par 19 États arabes.

En Irak, classé avant-dernier, les droits des femmes ont régressé depuis le renversement de Saddam Hussein après l'occupation du pays par les États-Unis en 2003. Les abus au sein de la famille et la prostitution ont augmenté et l'illettrisme est en forte hausse, selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés.

L'Arabie Saoudite, classée 20e, est en légère progression. Le royaume wahhabite reste le seul pays interdisant aux femmes de conduire, mais quelques timides réformes mises en place par le roi Abdallah ont donné aux femmes de nouvelles possibilités d'emplois et ont permis qu'elles fassent davantage entendre leur voix en public.

Depuis le mois de janvier, 30 femmes siègent au Conseil de la Choura, qui compte 150 membres, un organisme consultatif auprès du roi. Le pays n'a pas de parlement. Toutefois, pour travailler, se rendre à l'étranger, ouvrir un compte en banque ou entamer des études supérieures, les femmes saoudiennes doivent solliciter l'autorisation d'un parent masculin.

En Syrie, où la guerre civile fait rage, les forces qui soutiennent le président Bachar al-Assad sont accusées par les organismes de défense des droits de l'homme de viol et de tortures à l'encontre des femmes. «La femme syrienne est une arme de guerre, sujette à des enlèvements et à des viols par le régime et autres groupes», déclare une spécialiste de la défense des droits des femmes.

Dans les autres pays qui ont connu des soulèvements du genre «Printemps arabe», la situation est contrastée.

En Libye, classée 14e pour les droits des femmes, le renversement de Mouammar Kadhafi il y a deux ans n'a pas permis d'inscrire les droits des femmes dans la loi. Les experts parlent d'une hausse des enlèvements, extorsions et sévices à l'encontre des femmes.

En Tunisie, pays le mieux classés des pays ayant connu un "Printemps arabe", les femmes détiennent 27% des sièges au Parlement. La contraception est légale, mais la polygamie se développe et le droit successoral favorise les hommes.

Ci-dessous un diaporama des dix pays arabes les plus hostiles aux femmes:

Les pires pays arabes pour les femmes

Et ci-dessous, le classement complet effectué par la fondation (plus le score est élevé, plus la situation est critique):

22. Egypte 74.895

21. Irak 73.070

20. Arabie saoudite 72.680

19. Syrie 72.390

18. Yémen 71.862

17. Soudan 71.686

16. Liban 66.931

15. Territoires palestiniens 66.629

14. Somalie 65.856

13. Djibouti 62.920

12. Bahreïn 62.247

11. Mauritanie 61.490

10. Emirats arabes unis 61.482

9. Libye 61.097

8. Maroc 60.229

7. Algérie 59.130

6. Tunisie 58.545

5. Qatar 58.372

4. Jordanie 58.218

3. Koweït 58.119

2. Oman 58.081

1. Comores 51.375


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