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12/11/2013 11:35 EST | Actualisé 12/01/2014 05:12 EST

Costa Concordia: le capitaine savait que la chambre des machines était inondée

ROME - Le capitaine du paquebot Costa Concordia, qui a fait naufrage près de l'île italienne du Giglio en 2012, semble avoir fait la sourde oreille aux membres d'équipage qui lui rapportaient que la chambre des machines du navire était inondée.

Le capitaine Francesco Schettino est traduit en procès à Grossetto, en Toscane. Il est accusé d'homicide involontaire, d'avoir provoqué l'accident et d'avoir abandonné le navire avant que tous les autres à bord n'aient été en sécurité. Trente-deux personnes ont perdu la vie lors de la catastrophe et Schettino est passible de 20 ans de prison s'il est reconnu coupable.

Le tribunal italien a entendu mardi un enregistrement de la conversation entre les membres d'équipage de la chambre des machines et le capitaine après que le navire ait été éventré par un récif.

Même si Schettino a été informé que la coque avait été percée et que de l'eau s'engouffrait, l'ordre d'abandonner le paquebot n'a été donné qu'une heure après la collision.

L'enregistrement a été joué à la demande du procureur.

On y entend Schettino répondre «ok» à quelques reprises, mais il ne semble pas comprendre que les moteurs du navire sont à ce moment en panne.

«Mais où avons-nous frappé?», demande Schettino au chef de la chambre des machines, Giuseppe Pillon. Ce dernier réplique que la collision a éventré un côté de la coque et ajoute «tout est perdu», en référence aux génératrices. Pillon dit aussi à Schettino que le principal panneau électrique est rempli d'eau.

Un autre membre d'équipage de la chambre des machines, Hugo Di Piazza, a témoigné mardi et décrit comment l'eau s'est engouffrée sous la ligne de flottaison du navire, inondant notamment un compartiment que l'on disait étanche.

Quand le tribunal lui a demandé si la panique régnait dans la chambre des machines, M. Di Piazza a répondu: «Quand tu as de l'eau sous les pieds (...) ça veut dire que ta vie est en danger».

M. Di Piazza a ajouté que «l'eau arrivait en vagues» et que la première sortie de secours qu'il a voulu utiliser ne s'ouvrait pas. Il a donc dû trouver un autre chemin pour monter à l'étage.

«Nous sommes restés dans la chambre des machines à attendre l'ordre d'évacuer le navire», a-t-il dit. Cet ordre est arrivé environ 30 minutes après qu'il ait réalisé que la partie inférieure du navire était inondée.

Même si Schettino n'a pas semblé saisir dans l'immédiat la gravité de la situation dans la chambre des machines, des témoignages entendus lundi ont démontré qu'il savait que son navire avait heurté un récif et qu'il était aux prises avec un problème grave. Un candidat-officier qui était à bord du paquebot a déclaré lundi que, après la collision, Schettino s'est exclamé: «Mais qu'est-ce que je viens de faire? C'est la fin de ma carrière de navigateur (en tant que capitaine)».

Schettino prétend que le récif ne se trouvait pas sur ses cartes maritimes. Il a aussi affirmé avoir quitté le paquebot pour coordonner les opérations de secours plus efficacement depuis la terre ferme.

Plusieurs heures après qu'il ait sauté dans un canot de sauvetage, des hélicoptères ont secouru des passagers coincés à bord du navire. D'autres passagers ont plongé à l'eau pour nager jusqu'au rivage et plusieurs se sont noyés.

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