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11/11/2013 08:19 EST | Actualisé 11/01/2014 05:12 EST

Le typhon Haiyan est arrivé au Viêtnam après avoir dévasté les Philippines

TACLOBAN, Philippines - L'ancien typhon Haiyan s'était transformé en tempête tropicale quand il a frappé le nord du Viêtnam en début de journée lundi, quelques jours seulement après avoir semé la dévastation aux Philippines.

L'agence météorologique vietnamienne a indiqué qu'Haiyan a touché terre dans la province nordique de Quang Ninh vers 5h et que la tempête se dirigeait vers le sud de la Chine, qu'elle devrait atteindre avec encore moins de puissance plus tard lundi.

Les autorités font état de 13 personnes qui ont été tuées et de 81 autres qui ont été blessées en tentant de renforcer leurs demeures avant l'arrivée de la tempête. Plus de 1300 maisons et une quarantaine de navires de pêche ont aussi été endommagés dans le Quang Ninh.

La tempête devrait déverser des pluies diluviennes sur les provinces chinoises du Guangxi et du Hunan. Les autorités du Guangxi ont conseillé aux pêcheurs ne pas partir en mer et demandé aux résidants de se préparer à affronter des inondations et des glissements de terrain.

Deux navires de pêche et leur équipages avaient été emportés par la tempête dimanche soir. Deux corps ont été retrouvés lundi et cinq personnes manquent toujours à l'appel.

Aux Philippines, au moins 10 000 personnes auraient perdu la vie dans la seule ville de Tacloban, dans le centre du pays, après que Haiyan eut balayé l'archipel avec des vents violents et des vagues gigantesques qui ont emporté des maisons et des écoles.

Le gouvernement philippin a prévenu que le bilan pourrait s'alourdir davantage une fois que les secouristes auront pu atteindre les zones inaccessibles en raison d'inondations et de glissements de terrain. Les Philippines sont souvent frappées par des tremblements de terre, des éruptions volcaniques et des tempêtes tropicales, mais le typhon Haiyan semble avoir remporté le titre de la catastrophe naturelle la plus mortelle de l'histoire.

Accompagné de vents soufflant à 235 kilomètres à l'heure et de rafales atteignant 275 kilomètres à l'heure, Haiyan est arrivé du côté est de l'archipel vendredi et a rapidement traversé ses îles centrales pour se retrouver dans le sud de la mer de Chine, provoquant une marée de tempête de 6 mètres.

Les opérations de secours s'organisaient à peine lundi, alors que les rues étaient jonchées de cadavres et que les survivants réclamaient de l'aide. La Croix-Rouge des Philippines a affirmé que les efforts des services d'urgence étaient minés par les pilleurs, qui ont même attaqué des camions transportant des denrées et du matériel que l'organisme souhaitait envoyer à Tacloban à partir de la ville portuaire de Davao. Des policiers montaient lundi la garde devant les commerces pour les empêcher d'être dévalisés.

L'armée philippine confirme la mort de seulement 942 personnes, mais les infrastructures de transport et de communication ont été si lourdement endommagées qu'il faudra plusieurs jours pour prendre la pleine mesure de la catastrophe. Un porte-parole présidentiel a dit prier pour que le bilan soit de moins de 10 000 morts. Plusieurs des abris d'urgence où les résidants avaient trouvé refuge ont eux-mêmes été emportés par la tempête.

Vue des airs, la ville de Tacloban ressemble à un dépotoir et seulement quelques immeubles tiennent toujours debout.

«Je ne pense pas qu'il y ait une seule structure qui n'ait pas été détruite ou lourdement endommagée — tous les édifices, toutes les maisons, a dit le brigadier-général Paul Kennedy, des Marines des États-Unis. Nous avons vu des corps partout. Si ça ce n'est pas une dévastation totale, je ne sais pas ce que c'est.»

Il a fait cette déclaration à l'aéroport de Tacloban, où deux avions C-130 livraient des biens d'urgence.

Les autorités philippines affirment qu'au moins deux millions de personnes dans 41 provinces ont été touchées par Haiyan. Des soldats philippins distribuaient aussi de l'eau et des vivres à Tacloban, tandis que les Nations unies et d'autres agences caritatives humanitaires commençaient à faire leur apparition dans les rues.

L'aéroport de Tacloban a toutefois été le théâtre de réjouissances lundi, quand une jeune femme de 21 ans a accouché d'une petite fille en santé. Emily Ortega avait été emportée par la tempête et avait dû s'agripper à un poteau pour survivre.

Le président des Philippines, Benigno Aquino III, a déclaré dimanche qu'il songeait à décréter l'état d'urgence ou la loi martiale à Tacloban afin de remédier au problème de pillage. M. Aquino, qui a survolé la ville en hélicoptère, a indiqué que la priorité du gouvernement était de rétablir l'électricité et les communications dans les régions isolées afin de secourir les victimes.

Confronté à un désastre d'une ampleur historique, son gouvernement a accepté l'aide de l'internationale.

Dans une déclaration, le président américain Barack Obama a affirmé que sa femme Michelle et lui étaient «profondément attristés» par les morts et les dommages causés par le typhon. Il a dit que les États-Unis apportaient une «aide humanitaire significative» et étaient prêts à assister les Philippines dans ses efforts de secours et de reconstruction.

Pour sa part, le secrétaire général des Nations Unis, Ban Ki-moon, était «extrêmement inquiet» de la destruction massive et du bilan des morts en constante hausse, selon un communiqué. Il a ajouté que l'ONU et ses partenaires humanitaires «ont rapidement accru les opérations de secours critiques», bien que plusieurs communautés demeurent difficiles à atteindre.

Au Vatican, le pape Francis a fait prier des dizaines de milliers de personnes pour les victimes. Les Philippines ont le plus grand nombre de catholiques dans toute l'Asie, et les Philippins forment une des plus importantes communautés immigrantes de Rome.

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