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10/11/2013 03:55 EST | Actualisé 10/01/2014 05:12 EST

Sommet du Commonwealth: l'Inde annonce son boycott

AP
Indian Prime Minister Manmohan Singh delivers a speech during the platinum jubilee celebration of Assam Legislative Assembly in Gauhati, India, Friday, April 20, 2012. Security was beefed up in the state after a faction of the United Liberation Front of Asom's (ULFA) called a 12-hour Assam strike in protest against Singh's visit. (AP Photo/Anupam Nath)

NEW DELHI - Le premier ministre de l'Inde, Manmohan Singh, a annoncé dimanche qu'il ne participerait pas au sommet du Commonwealth au Sri Lanka en raison du piètre bilan du pays au chapitre des droits de la personne.

Il s'agit du deuxième leader, après le premier ministre canadien Stephen Harper, à boycotter la rencontre qui se tiendra du 15 au 17 novembre au Sri Lanka. Le Commonwealth compte 54 États membres, tous d'anciennes colonies du régime britannique.

La décision de MM Harper et Singh devrait accroître la pression exercée par l'Occident et les militants des droits de la personne pour que le Sri Lanka reconnaisse le bilan des victimes des derniers mois de la guerre civile de 25 ans, qui s'est conclue en 2009. Plusieurs milliers de personnes auraient alors été tuées lorsque les forces gouvernementales ont eu raison des Tigres tamouls.

M. Singh a envoyé une lettre au président sri lankais Mahinda Rajapaksa pour faire part de son inaptitude à assister au sommet, a précisé un porte-parole du ministre indien des Affaires étrangères, Syed Akbaruddin. Il n'a pas dévoilé le contenu de la lettre.

Ce sera le ministre indien des Affaires étrangères, Salman Khurshid, qui représentera l'Inde au sommet, a poursuivi son porte-parole.

L'Inde, très sensible à ce dossier en raison des 60 millions de Tamouls vivant au sud de son territoire, exhorte le gouvernement sri lankais à reprendre les négociations avec la formation représentant les Tamouls pour leur accorder davantage d'autonomie.

M. Singh a annulé sa présence au sommet et ployé sous la pression de partis politiques de l'État de Nadu, dans le sud de l'Inde, en raison d'allégations selon lesquelles le président Rajapaksa n'en ferait pas assez pour protéger les intérêts de la minorité tamoule au Sri Lanka.

À l'issue de la guerre, M. Rajapaksa avait promis d'accorder une plus grande autonomie aux régions du nord, peuplées par une majorité de Tamouls. Il a toutefois été critiqué par plusieurs pays étrangers et des organisations de défense des droits de l'homme pour avoir manqué à sa parole.

Le mois dernier, le premier ministre Harper a déclaré que le gouvernement canadien était troublé par les allégations d'intimidation et d'incarcération de leaders politiques et de journalistes, de harcèlement des minorités, de disparitions et d'exécutions sommaires au Sri Lanka.