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10/11/2013 11:53 EST | Actualisé 10/01/2014 05:12 EST

Philippines: le typhon Haiyan aurait fait 10 000 morts dans une seule ville

TACLOBAN, Philippines - Au moins 10 000 personnes auraient perdu la vie dans la seule ville de Tacloban, au centre des Philippines, après que le puissant typhon Haiyan eut balayé l'archipel avec des vents violents et des vagues gigantesques qui ont emporté des maisons et des écoles.

Dimanche, des cadavres pendaient aux branches d'arbres et étaient dispersés sur les trottoirs alors que des survivants pillaient les épiceries et les stations-service en quête de nourriture, d'eau et de carburant.

Le gouvernement philippin a prévenu que le bilan pourrait s'alourdir davantage une fois que les secouristes auront pu atteindre les zones inaccessibles en raison d'inondations et de glissements de terrain. Les Philippines sont souvent frappées par des tremblements de terre, des éruptions volcaniques et des tempêtes tropicales, mais le typhon Haiyan semble avoir remporté le titre de la catastrophe naturelle la plus mortelle de l'histoire.

Accompagné de vents soufflant à 235 kilomètres à l'heure et de rafales atteignant 275 kilomètres à l'heure, Haiyan est arrivé du côté est de l'archipel vendredi et a rapidement traversé ses îles centrales pour se retrouver dans le sud de la mer de Chine, provoquant une marée de tempête de 6 mètres.

Il a toutefois fallu attendre à dimanche pour réaliser l'ampleur du désastre, les autorités de Leyte, l'île la plus durement touchée, soutenant que le typhon pourrait avoir tué jusqu'à 10 000 personnes à Tacloban, la capitale régionale. Les renseignements qui commencent à affluer du reste de l'île et des îles voisines font état de centaines voire de milliers d'autres morts.

Ces pertes impressionnantes sont survenues malgré les quelque 800 000 évacuations que le gouvernement avait organisées avant l'arrivée de la tempête.

«Nous avons vu beaucoup de corps le long de la rue en nous rendant à l'aéroport», a affirmé l'Australienne d'origine philippine Mila Ward, 53 ans, qui attendait à l'aéroport de Tacloban un vol militaire qui la ramènerait à Manille, à environ 580 kilomètres au nord-ouest. «Ils étaient recouverts de n'importe quoi: des bâches, des revêtements de toiture, du carton.» Elle a dit avoir vu «bien au-delà de 100» corps.

Sandy Torotoro, un résident de Tacloban de 44 ans, a raconté comment il s'était sorti de la catastrophe, en se réfugiant avec d'autres dans un Jeep, qui a été soulevé par un mur d'eau.

«L'eau montait aussi haut que les cocotiers. Je suis sorti du Jeep et j'ai été emporté par l'eau qui déferlait avec des bûches, des arbres et notre maison, qui a été arrachée.»

«Pendant qu'on était emportés par l'eau, plusieurs personnes flottaient et tendaient la main en appelant à l'aide. Mais qu'est-ce qu'on peut faire? Nous aussi, on a besoin d'aide.»

Une vidéo tournée dans la région de Guiuan sur l'île de Samar, la première terre où a atterri le typhon, montre des maisons effondrées, des routes encombrées de débris et d'arbres déracinés, des corps sur la rue recouverts de couvertures.

Une femme non identifiée pleure en parlant. «Je n'ai pas de maison, je n'ai pas de vêtements. Je ne sais pas comment je vais refaire ma vie, je suis tellement confuse. Je ne sais pas ce qui nous est arrivé. Nous appelons à l'aide. Quiconque a un bon coeur, je vous appelle: svp aidez Guiuan.»

Une importante opération de sauvetage a été lancée, mais la Croix-Rouge des Philippines a affirmé que les efforts des services d'urgence étaient minés par les pilleurs, qui ont même attaqué des camions transportant des denrées et du matériel que l'organisme souhaitait envoyer à Tacloban à partir de la ville portuaire de Davao.

Le président des Philippines, Benigno Aquino III, a déclaré dimanche qu'il songeait à décréter l'état d'urgence ou la loi martiale à Tacloban afin de remédier au problème de pillage. M. Aquino, qui a survolé la ville en hélicoptère, a indiqué que la priorité du gouvernement était de rétablir l'électricité et les communications dans les régions isolées afin de secourir les victimes.

Confronté à un désastre d'une ampleur historique, son gouvernement a accepté l'aide de l'internationale.

Dans une déclaration, le président américain Barack Obama a affirmé que sa femme Michelle et lui étaient «profondément attristés» par les morts et les dommages causés par le typhon. Il a dit que les États-Unis apportaient une «aide humanitaire significative» et étaient prêts à assister les Philippines dans ses efforts de secours et de reconstruction.

Pour sa part, le secrétaire général des Nations Unis, Ban Ki-moon, était «extrêmement inquiet» de la destruction massive et du bilan des morts en constante hausse, selon un communiqué. Il a ajouté que l'ONU et ses partenaires humanitaires «ont rapidement accru les opérations de secours critiques», bien que plusieurs communautés demeurent difficiles à atteindre.

Au Vatican, le pape Francis a fait prier des dizaines de milliers de personnes pour les victimes. Les Philippines ont le plus grand nombre de catholiques dans toute l'Asie, et les Philippins forment une des plus importantes communautés immigrantes de Rome.

Au Vietnam, environ 600 000 résidents de la région centrale, qui avait été évacuée, ont regagné leur maison dimanche, après que Haiyan, qui a perdu de sa force, eut changé de direction pour se diriger vers le nord du pays. La tempête y a touché terre, lundi matin, avec des vents soutenus chronométrés à 120 km/h. Plus tard lundi, elle devait faire son entrée dans le sud de la Chine, mais à une vitesse encore inférieure.

Quatre personnes dans trois provinces vietnamiennes centrales sont mortes en tentant de barricader leur maison.

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