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10/11/2013 12:13 EST | Actualisé 10/01/2014 05:12 EST

Palestine: une femme est nommée porte-parole du gouvernement du Hamas

Le gouvernement du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza en Palestine, a pour la toute première fois de son histoire nommé une femme afin de le représenter à l'international.

L'embauche d'Isra Almodallal en tant que porte-parole des autorités islamistes du territoire s'inscrit dans une démarche de longue haleine pour le Hamas. Le mouvement a déjà, par le passé, voulu limiter les libertés des femmes mais tente désormais d'offrir un visage plus amical à ses propres citoyens et à la communauté internationale.

Âgée de 23 ans, Mme Almodallal parle couramment l'anglais avec un léger accent britannique, souvenir des études qu'elle a effectuées en Grande-Bretagne alors qu'elle était adolescente. Elle sera responsable des communications du gouvernement de Gaza avec les médias internationaux, un poste jusqu'ici occupé par des hommes partisans de la ligne dure à l'égard d'Israël.

En entrevue depuis son bureau de Gaza, Isra Almodallal, divorcée et mère d'une fillette de 4 ans, a expliqué que son équipe et elle étaient enthousiastes à l'idée de tenir un «discours différent et unique» et souhaitaient insuffler «plus d'humanité dans les problématiques».

Ce virage a été amorcé avec l'arrivée, il y a six mois, du nouveau directeur des communications du gouvernement du Hamas, Ihab Ghussein. Il a, entre autres, embauché des employés plus jeunes, lancé un nouveau site Web, instauré l'usage massif des médias sociaux et mis en place des ateliers et séminaires.

M. Ghussein a dit avoir retenu les services de Mme Almodallal dans une tentative pour être «plus ouvert à l'Occident», ajoutant qu'il avait considéré la candidature de plusieurs autres femmes pour ce poste.

La pression sociale sur les femmes s'est accentuée depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas, en 2007, notamment pour les inciter à porter le voile islamique. Le gouvernement leur a aussi interdit de monter sur une motocyclette en tant que passagère et de fumer des pipes à eau, bien que ces règles ne soient pas toujours respectées. Plus tôt cette année, le Hamas a refusé aux femmes le droit de participer à un marathon financé par les Nations unies, forçant l'ONU à annuler l'événement.

Mais il reste que les Palestiniennes ont le droit de travailler, de conduire et d'occuper un poste dans la fonction publique. Environ 20 pour cent des fonctionnaires à l'emploi du Hamas sont des femmes et on compte au sein du gouvernement une ministre et six sous-ministres de sexe féminin.

Selon Isra Almodallal, les femmes sont de plus en plus nombreuses à se frayer un chemin en politique, en médecine, en éducation et dans les médias. «Chaque jour, on peut constater que les femmes progressent dans la société», a-t-elle soutenu.

La nouvelle porte-parole du Hamas discutera des affaires gouvernementales comme l'éducation, les programmes sociaux ou le blocus imposé à Gaza par Israël, mais pas des attentats-suicides perpétrés par des militants du groupe, ni du délicat dossier de la réconciliation avec les autorités palestiniennes de la Cisjordanie. Ce sont des hommes qui traiteront ces questions.

«Je ne suis pas le Hamas. Je suis une militante palestinienne qui aime son pays», a-t-elle déclaré.

Interrogée sur les attentats-suicides commis contre la population israélienne, Mme Almodallal a esquivé la question et déclaré que la couverture médiatique d'Israël était injuste et donnait une mauvaise réputation au Hamas.

«C'est à cause des médias israéliens, qui sont brillants. Ils changent la vérité et montrent une image de la Palestine et des Palestiniens qui est contraire à la réalité.»

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