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09/11/2013 04:51 EST | Actualisé 09/01/2014 05:12 EST

Les journalistes risquent de plus en plus d'être enlevés ou tués en Syrie

BEYROUTH - Sans que l'affaire s'ébruite vraiment, au moins 30 journalistes ont été kidnappés ou ont disparu en Syrie — détenus et menacés de mort par des extrémistes, ou pris en otage par des criminels à la recherche d'une rançon.

Cette capture de tant de journalistes est sans précédent, et a été largement tenue sous silence par les médias, dans l'espoir que la discrétion dans ces dossiers puisse favoriser la libération des détenus.

Au dire du Committee to Protect Journalists, sis à New York, au moins 30 travailleurs de l'information sont détenus et 52 autres ont été tués depuis l'éclatement de la guerre civile syrienne, en 2011. Le groupe a également documenté les cas d'au moins 24 autres journalistes disparus plus tôt cette année, mais qui ont été retrouvés sains et saufs. Dans un rapport dévoilé cette semaine, l'organisme Reporters sans frontières a fait état de résultats plus importants, affirmant qu'au moins 60 «journalistes» étaient détenus, et que plus de 110 avaient été tués.

Cette différence est liée aux diverses définitions de ce qui constitue un journaliste, puisque la majorité des reportages et des images vidéo provenant de ce pays n'ont pas été réalisés par des journalistes au sens traditionnel du terme. Certains reporters sont en fait des militants associés aux «bureaux médiatiques» qui se sont multipliés dans le territoire contrôlé par l'opposition.

Seul 10 des journalistes internationaux actuellement détenus ont été publiquement identifiés par leurs familles ou des organisations médiatiques: on compte quatre Français, deux Américains, un Jordanien, un Libanais, un Espagnol et un Mauritanien. Les autres disparus sont étrangers, mais aussi syriens, et dont les noms ont parfois été tenus secrets par raison de sécurité.

Pour le comité new-yorkais, l'omerta qui règne dans plusieurs cas est parfois compréhensible, mais peut aussi servir à masquer l'ampleur du problème.

«À chaque fois qu'un journaliste entre en Syrie, il s'agit effectivement d'un coup de dés pour déterminer s'il sera kidnappé ou non», affirme Jason Stern, un recherchiste pour le comité.

Les groupes jihadistes seraient en grande partie responsables des enlèvements depuis cet été, mais des milices appuyées par le gouvernement, des gangs criminels et des rebelles liés à l'Armée libre syrienne — soutenu par l'Ouest — sont aussi impliqués, avec des motifs qui leur sont propres.

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