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09/11/2013 10:53 EST | Actualisé 09/01/2014 05:12 EST

Des différends compromettent les négos sur le programme nucléaire iranien

GENÈVE - Les discussions avec l'Iran sur son programme nucléaire n'auront pas permis de conclure une entente, mais le secrétaire d'État américain John Kerry a émis l'opinion que les pourparlers impliquant Téhéran et six puissances mondiales avaient «progressé de façon significative».

Ces six puissances mondiales et l'Iran ont convenu de reprendre les négociations le 20 novembre.

M. Kerry s'est adressé aux journalistes, tôt dimanche matin, après plus de trois jours d'efforts visant à en arriver à un accord permettant de limiter les activités nucléaires de l'Iran en échange d'une réduction de certaines sanctions imposées à Téhéran.

M. Kerry et ses homologues de cinq autres nations se sont joint à des négociateurs à compter de vendredi, mais même leur influence n'aura pas permis de résoudre les mésententes.

Malgré l'incapacité d'en arriver à un consensus, le secrétaire d'État des États-Unis a affirmé que les négociateurs «n'avaient pas seulement diminué les différences... mais ont réalisé des progrès significatifs».

M. Kerry a par ailleurs réagi aux nouvelles relatant des divergences avec la France, précisant que les États-Unis partageaient certains des soucis de la France.

«Nous sommes reconnaissants envers la France pour le travail que nous avons fait ensemble», a déclaré M. Kerry.

L'insistance de la France pour obtenir des conditions plus sévères contre l'Iran a eu raison d'une atmosphère optimiste qui prévalait depuis le début des négociations, jeudi. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a parlé de «plusieurs points avec lesquels nous ne sommes pas satisfaits par rapport au texte original», déclarant sur les ondes de France Inter que la France ne voulait pas faire partie d'un «chantage».

Il n'a pas voulu élaborer, mais il semble que la France désirait encadrer plus sévèrement un réacteur nucléaire iranien qui produira du plutonium à la fin de sa construction, ainsi que mieux contrôler divers aspects du programme d'enrichissement de la République islamique.

La télévision d'État iranienne a durement critiqué la position française, qualifiant Paris de «représentant d'Israël lors des négociations», tandis que l'agence de presse iranienne IRNA a cité le président Hassan Rohani qui pressait les puissances mondiales d'en arriver à un accord.

Sur les ondes de la télévision d'État iranienne, le ministre Zarif a précisé que si les discussions n'aboutissaient à rien pour l'instant, celles-ci reprendraient d'ici sept à 10 jours.

Le réacteur Arak, au sud-est de Téhéran, pourrait produire suffisamment de plutonium pour fabriquer plusieurs ogives nucléaires par année s'il entre en fonction. Au-delà des différences sur cet aspect du programme iranien, M. Fabius affirme qu'il n'existe pas d'entente concernant les efforts pour limiter l'enrichissement de l'uranium à des niveaux qui nécessiteraient un long travail d'enrichissement supplémentaire avant que cet uranium ne puisse être utilisé à des fins militaires.

Selon le porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal, les puissances négociant avec l'Iran étaient largement unies, et la France désirait que «la communauté internationale constate un changement sérieux dans le climat des négociations» avec l'Iran.

Téhéran affirme qu'elle ne désire que produire de l'électricité, offrir des traitements médicaux et effectuer de la recherche, mais les États-Unis et leurs alliés craignent que l'Iran pourrait transformer ces matériaux fissiles en ogives atomiques. L'Iran utilise actuellement plus de 10 000 centrifugeuses qui ont permis de créer des tonnes de matériau pouvant être enrichi de nouveau pour obtenir du combustible nucléaire de qualité militaire.

L'Iran dit s'attendre à ce que le réacteur Arak soit fonctionnel l'an prochain. Le pays aurait également besoin d'installations supplémentaires pour convertir le plutonium en du matériau nucléaire de qualité militaire, et l'Agence internationale de l'énergie atomique surveillant les activités iraniennes soutient ne pas avoir vu de preuves d'un tel projet.

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