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08/11/2013 07:00 EST | Actualisé 08/01/2014 05:12 EST

Standard and Poor's dégrade de nouveau la France

L'agence de notation Standard and Poor's (S&P) a abaissé vendredi d'un cran la note souveraine de la France à AA contre AA+, estimant les réformes engagées insuffisantes pour améliorer le potentiel de croissance et consolider le redressement des finances publiques, un jugement contesté par l'exécutif.

La perspective liée à cette note est stable, reflétant la détermination du gouvernement à tenir la dette publique, ajoute l'agence de notation qui s'attend à ce que le ratio d'endettement net de la France culmine à 86 % du PIB en 2015.

Le ministre de l'Économie et des Finances, Pierre Moscovici, a pris acte dans un communiqué de la décision de S&P et fait part de son regret tout en déplorant des jugements « critiques et inexacts ».

Soulignant que la signature de la France est « bonne » et qu'elle « n'avait jamais emprunté à des taux si bas », le premier ministre a lui aussi regretté les jugements portés sur les réformes engagées par le gouvernement. « Je trouve que les jugements portés sur les réformes ne sont pas exacts et qu'ils sont exagérément critiques », a déclaré Jean-Marc Ayrault au micro de France Bleue Provence.

« Nous estimons que les réformes engagées dans les domaines de la fiscalité, du secteur des biens et services et du marché du travail n'amélioreront pas sensiblement les perspectives de croissance de la France à moyen terme, et que la persistance d'un taux de chômage élevé affaiblit le soutien populaire en faveur de nouvelles mesures d'envergure en matière de politique budgétaire et de réformes structurelles », explique S&P dans un communiqué.

« Nous pensons également que la faible croissance économique limite la capacité du gouvernement à consolider le redressement des finances publiques », poursuit-elle.

Peu d'impacts à court terme

« Le gouvernement a mis en oeuvre au cours des 18 mois écoulés des réformes d'envergure pour redresser l'économie du pays, ses finances publiques, et sa compétitivité, grâce à une méthode fondée sur l'écoute et le dialogue » , écrit quant à lui Pierre Moscovici dans son communiqué.

« Le gouvernement français considère que la crise est cyclique, alors que S&P y voit des problèmes structurels, et juge insuffisantes les mesures prises jusqu'à maintenant », a commenté Philippe Waechter, économiste chez Natixis Asset Management. « Je ne crois pas qu'il y aura un impact dramatique sur la dette française à court terme, car S&P n'est pas alarmiste et la perspective est stable », ajoute-t-il.

Le prix des obligations souveraines françaises a reculé dans les premiers échanges en réaction à la décision de S&P pour réduire ensuite ses pertes.L'écart de rendement avec l'Allemagne, qui était revenu à un plus bas de cinq mois à 45 points de base vendredi s'est légèrement tendu à près de 50 points de base.

Le rendement des titres de dette française, qui reflète les taux auxquels le pays emprunte, reste inférieur à 2,2 % à 10 ans, dans un environnement de liquidités toujours très abondantes.

Alors que les principales bourses européennes ont ouvert en repli vendredi, la place de Paris recule à peine plus que les autres, les valeurs bancaires étant toutefois pénalisées.

Paris cible toujours les déficits

Dans son communiqué, Pierre Moscovici réaffirme la détermination du gouvernement à poursuivre le chemin engagé dans le sens de la réduction des déficits publics, du rétablissement de la compétitivité et du soutien à la croissance et l'emploi.

La France a relevé sa prévision de déficit public pour l'an prochain à 3,6 % du PIB pour tenir compte d'un exercice 2013 nettement moins bon que prévu sur le plan budgétaire du fait de prévisions de recettes fiscales optimistes et de coûts imprévus. Cette année, le déficit s'élèverait à 4,1 % du PIB, après 4,8 % du PIB fin 2012.

Standard & Poor's avait été la première grande agence de notation à priver la France de son triple A, la note maximale, l'abaissant d'un cran en janvier 2012.

Sa concurrente Moody's lui avait emboîté le pas en novembre de la même année pour ramener la note souveraine de la France à Aa1, assortie d'une perspective négative.

Fitch Ratings a elle aussi abaissé d'un cran la note souveraine de la France en juillet 2013 pour la ramener de AAA à AA+, accompagnée d'une perspective stable.

Reuters

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