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08/11/2013 01:18 EST | Actualisé 08/01/2014 05:12 EST

Rob Ford pourrait envisager une cure de désintoxication, dit son avocat

TORONTO - L'avocat du maire de Toronto a affirmé vendredi que Rob Ford évaluait ses options, incluant celle d'aller dans un centre de désintoxication.

Me Dennis Morris a toutefois affirmé qu'il revenait au maire Ford de préciser lui-même ses intentions, évoquant le caractère imprévisible de son client.

L'avocat a fait valoir que les événements de jeudi — alors qu'une nouvelle vidéo a fait surface dans les médias montrant un maire Ford fortement agité proférant des menaces en utilisant les mots «tuer» et «meurtre» — ont été marquants pour son client.

M. Ford s'est excusé, disant avoir été «extrêmement, extrêmement enivré», mais refusant d'identifier la cible de ses menaces ou les motifs de sa colère.

Le plus important partisan du maire, son frère Doug, a laissé entendre vendredi qu'il avait besoin de prendre une pause.

«Si Rob prend un peu de vacances, une semaine ou deux, avant de revenir, s'il perd 50 ou 60 livres, s'il demeure sobre et évite les embûches parce qu'il est un homme bon et honnête, il sera difficile de battre Rob Ford», a déclaré le conseiller municipal sur les ondes de la station de radio AM640.

«Il est constamment sous-estimé.»

En déplacement à Niagara-on-the-Lake, la première ministre ontarienne Kathleen Wynne a assuré vendredi qu'elle surveillait «très étroitement» la situation.

«Pour moi, il est extrêmement important que le conseil municipal de Toronto soit en mesure de fonctionner, et voilà ce que nous surveillons de près», a-t-elle déclaré.

«Le maire adjoint est convaincu que le conseil peut fonctionner, et nous devons donc laisser la situation suivre son cours.»

Mme Wynne a toutefois pressé Rob Ford de prendre les bonnes décisions pour sa famille et lui-même.

«En tant qu'être humain, en tant que mère et soeur, j'espère que le maire écoute ses proches, et qu'il accepte leurs conseils», a-t-elle affirmé.

La mère de Rob Ford, Diane, s'est quant à elle portée à la défense de son fils, jeudi, affirmant que le maire n'avait aucunement besoin de se rendre dans un centre de désintoxication, mais devait démontrer «un peu plus de jugement».

Le conseiller municipal Denzil Minnan-Wong, membre du comité exécutif, a fait savoir qu'il allait demander au conseil municipal de faire pression auprès de Queen's Park pour relever le maire de ses fonctions si celui-ci ne se retire pas temporairement.

Le maire a par ailleurs perdu sa tribune radiophonique, la station NewsTalk 1010 ayant annoncé vendredi que M. Ford et son frère Doug n'animeraient plus leur émission hebdomadaire.

C'est lors de la dernière présentation de cette émission, dimanche, que le maire Ford s'est excusé d'avoir fait le pitre en public alors qu'il était soûl; il n'avait cependant pas répondu aux allégations de consommation de drogue.

Dans un aveu étonnant, M. Ford a admis, mardi, qu'il avait fumé du crack dans un état d'ébriété extrême il y a environ un an.

Alors que la pression s'accentue encore plus sur le maire pour qu'il se retire temporairement ou démissionne — ce qu'il refuse toujours de faire —, d'autres révélations explosives pourraient s'ajouter.

L'avocat d'un homme aperçu sur une photo avec M. Ford et trois personnes, dont deux membres allégués de gangs criminels, a réclamé vendredi devant les tribunaux des copies des deux vidéos saisies par la police.

Le chef de la police de Toronto, Bill Blair, a indiqué que la police avait retracé deux vidéos où apparaît le maire Ford, dont une correspondant aux descriptions faites dans des médias sur la consommation de crack de M. Ford.

L'avocat de Mohammad Khattak, Daniel Brown, a fait valoir que ces vidéos pourraient aider son client à se défendre contre les accusations liées à une opération contre le trafic d'armes et de drogue.

Il a dit à la cour qu'il ne s'attendait pas à une «carte blanche» pour diffuser les vidéos, mais qu'il réclamait simplement la possibilité d'en voir le contenu.

L'avocat a aussi indiqué qu'une photo publiée de son client et d'autres personnes aux côtés du maire était «inextricablement liée» à la première vidéo — d'abord décrite dans certains médias — que la police a saisie.

L'avocate de la Couronne, qui affirme avoir vu la vidéo, a rétorqué que celle-ci n'avait «aucun lien» avec l'affaire Khattak.

La semaine prochaine, un juge ontarien devrait décider si les parties restantes de documents ayant révélé les rencontres et les liens de Rob Ford avec un présumé trafiquant de drogue peuvent être divulguées.

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