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08/11/2013 10:10 EST | Actualisé 08/01/2014 05:12 EST

Récit : <em>C'est le coeur qui meurt en dernier</em>

Le comédien et auteur Robert Lalonde était de passage à Québec jeudi pour parler de son livre C'est le coeur qui meurt en dernier, un récit autobiographique qui raconte sa relation difficile avec sa mère, aujourd'hui décédée.

Le récit dresse le portrait d'une femme qui avait des moments de dépression, mais d'euphorie aussi, une mère complexe et difficile à saisir, raconte Robert Lalonde. « Je trouvais qu'elle était étouffante par moments complètement, qu'elle me bloquait l'horizon. Et puis, dès que je m'apprêtais à être en conflit avec elle, voilà qu'elle avait à nouveau changé. Elle était de bonne humeur et elle chantait. Je n'étais même pas capable de m'opposer à elle », relate-t-il.

« Je suis bien obligé d'admettre que maintenant que je parle un peu d'égal à égal avec elle, à l'âge que j'ai, j'ai hérité de beaucoup de choses de ça. C'est ça l'héritage aussi », ajoute Robert Lalonde.

Le récit aborde notamment la transmission. L'auteur dit avoir retiré notamment le côté très dramatique de cette femme exubérante.

« Plus tard, j'ai lu Tchekhov, je me suis entré dans l'écriture et j'ai fait : "OK ma mère était tout simplement complexe et admettait l'être et en parlait aisément." Autant j'ai trouvé ça difficile, autant je pense que je suis devenu l'artiste que je suis à cause de ça aussi, je suis bien obligé d'admettre que et le théâtre et la langue, ce sont mes parents qui m'ont transmis ça en transmettant tout le reste. »

Il évoque aussi son père dans ce récit, sa relation particulière, la violence sexuelle qu'il lui a fait subir. Son père, qui était peintre, a néanmoins été important pour l'auteur sur le plan artistique.

« Quand je me suis mis à évoquer ce chagrin d'enfance qui est un fracas assez dur pour moi, les gens me disaient : "Mais c'est terrible". Je disais : "ce qui est terrible dans ce genre de situation-là, c'est qu'on aime la personne." C'est ça qui est difficile. J'aurais pu couper la relation comme ça en disant : "tant pis, il me fait du mal, je vais m'enlever de là." Mais c'était quelqu'un d'extraordinaire en même temps. C'est troublant. Mon aisance dans l'ambiguité vient de là, les choses ne sont pas simples », explique Robert Lalonde.

Ce récit autobiographique de Robert Lalonde, C'est le coeur qui meurt en dernier, est publié aux éditions du Boréal.

Depuis son premier roman, La belle épouvante, publiée en 1980, Robert Lalonde a publié 23 ouvrages.

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