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08/11/2013 02:07 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

Gouvernement Harper : la compassion à géométrie variable

BLOGUE D'YVES MALO - Malgré les déboires à répétition du maire de Toronto, Rob Ford, ses amis conservateurs de la scène fédérale continuent de le soutenir, de l'épauler. Personne ne demande sa démission, personne ne l'a condamné.

Le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, a affirmé qu'il priait pour Rob Ford. Pas plus tard que la semaine dernière, le député conservateur ontarien Parm Gill a qualifié Rob Ford de « great mayor », un grand maire.

Et que dire du ministre des Finances Jim Flaherty. Il est devenu excessivement émotif, au bord des larmes, quand il a été interrogé jeudi sur les déboires de son ami Rob Ford. Constatez par vous-même le désarroi du ministre Flaherty :

Avoir de la compassion n'est pas un défaut, loin de là. Le problème, c'est quand cette compassion ne s'applique qu'aux amis. Alors qu'ils sont des partisans de la ligne dure en ce qui concerne l'application de la loi et de l'ordre, les conservateurs de Stephen Harper sont, entre eux, très indulgents. Il faut des preuves en béton avant que ce gouvernement laisse tomber un des siens.

Pensons simplement à l'affaire des appels robotisés illégaux ou au député Dean Del Mastro, longtemps soutenu par Stephen Harper malgré des dépenses illégales lors des dernières élections. Et que dire de la crise du Sénat. Les sénateurs Wallin, Brazeau et Duffy ont été appuyés par le gouvernement jusqu'à ce que cette histoire devienne indéfendable.

Quand les contrevenants ne sont pas les amis du gouvernement, c'est une tout autre affaire. Pensez, par exemple, à ces militants canadiens de Greenpeace, détenus en Russie depuis le 19 septembre. Les familles d'Alexandre Paul et de Paul Ruzycki sont venues supplier le gouvernement d'intervenir la semaine dernière à Ottawa. Leur appel est resté sans réponse.

Rappelez-vous également la position sans compromis du gouvernement Harper dans le dossier des sites de supervision pour les gens qui s'injectent de la drogue. Plusieurs estiment que les conservateurs veulent punir et non pas aider les utilisateurs de drogue. Justin Trudeau, qui a pris position en faveur de la légalisation de la marijuana, fait l'objet d'attaques quotidiennes des conservateurs en Chambre.

Sans oublier les propos du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu qui, en février 2012, suggérait que chaque personne condamnée pour meurtre devrait avoir une corde pour se pendre dans sa cellule. Dans un autre registre, plusieurs ont condamné la réforme de l'assurance-emploi. Pour eux, cette réforme est très dure envers les chômeurs et manque nettement de compassion envers les travailleurs saisonniers.

Autrement dit, les conservateurs de Stephen Harper semblent avoir de la compassion, mais pour les amis seulement. C'est ce qu'on appelle la compassion à géométrie variable...

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