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07/11/2013 06:02 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

Un projet de silos en bordure du boulevard Champlain contesté

La contestation prend de l'ampleur autour du projet de terminal de granules de bois en construction le long du boulevard Champlain à Québec. Le Conseil régional de l'environnement (CRE) demande au gouvernement d'intervenir pour faire cesser les travaux.

La CRE a fait parvenir une lettre au bureau du ministre de l'Environnement jeudi lui demandant une injonction du tribunal.

Les travaux sont déjà commencés pour construire deux énormes silos de 46 mètres de hauteur par 48 mètres de largeur, dans le secteur de l'anse au Foulon, sur des terrains appartenant au port de Québec. L'Administration portuaire a donné son aval au projet de l'entreprise Arrimage Québec.

« On a compris ce matin qu'en plus la compagnie n'a pas de certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement. Et ça, pour nous, c'est inacceptable », affirme Alexandre Turgeon, du CRE.

Le projet inquiète surtout pour son impact visuel, à quelques mètres du tracé de la phase 3 de la promenade Samuel-de-Champlain.

La ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale déplore que le Port ait donné son aval au projet sans mener de consultation auprès de la population. « Le port ne peut pas faire une telle intervention sur les rives du fleuve sans consulter plus sérieusement la population », soutient Agnès Maltais.

Son collègue du ministère de l'Environnement abonde dans le même sens. « Le contexte spécifique du port de Québec étant ce qu'il est, je ne peux pas croire que la même entreprise et la même administration vont faire un "refelemele" : on ne parle pas au monde et on va de l'avant », dénonce Yves-François Blanchet.

Les autorités du port de Québec se sont dites surprises jeudi par la grogne entourant le projet. Selon le porte-parole Anick Métivier, les aménagements vont bien s'intégrer dans le projet de promenade Samuel-de-Champlain.

Arrimage Québec défend elle aussi la localisation des silos. « Oui, c'est gros, mais ils ont été positionnés à l'endroit où il y a le moins d'impact. Ils font face à la falaise, il n'y a pas de résidences », souligne la porte-parole Johanne Lapointe.

L'entreprise dit respecter toutes les mesures de juridiction fédérale, comme elle se doit. « Le processus d'évaluation environnementale est fédéral. On a répondu en tous points aux exigences. Ça a été un processus très exhaustif », ajoute-t-elle.

Le comité de surveillance des activités du port de Québec déplore quant à lui d'avoir été tenu à l'écart du projet. « On a exigé que tout projet de développement nous soit soumis et que les documents nous soient remis afin qu'on puisse émettre des recommandations éclairées. Le port de Québec ne nous a jamais remis aucun document », indique la citoyenne Véronique Lalande, qui est membre du comité.

Le terminal doit être opérationnel en août 2014.

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