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07/11/2013 07:55 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

Des objectifs aux antipodes

Montréal contre Québec, rouge contre bleu. Tout oppose les 10 fois champions en titre de la Coupe Dunsmore et leurs éternels rivaux, même leur principale lacune.

Un texte de Antoine Deshaies Twitter Courriel

L'objectif numéro un du Rouge et Or est de connaître un meilleur début de match qu'au cours des dernières semaines. Celui des Carabins est de ne plus flancher au dernier quart.

« On a dominé six quarts sur huit contre le Rouge et Or cette saison, analyse Danny Maciocia. Ç'a été le même scénario aussi lors de notre défaite contre Sherbrooke. On ne peut pas penser gagner si on va jouer seulement 45 minutes à Québec. »

Le 26 octobre, les Carabins menaient 11-3 au début du quatrième quart avant de voir le Rouge et Or inscrire 27 points sans réplique. Pas une question de talent ni de condition physique, disent les joueurs montréalais.

« Ils n'abandonnent jamais et offrent un effort soutenu, un coup de marteau constant, explique le receveur de passes Félix Prévost. Ça part de la volonté de gagner. Ils n'abandonnent jamais, qu'ils tirent de l'arrière par 10 ou 20 points. »

« Je pense qu'on a la malheureuse habitude de s'asseoir sur notre avance, ajoute Prévost. L'expérience nous aidera à changer cet aspect et nos vétérans font un bon travail en ce sens. »

L'ailier défensif David Ménard avoue que le Rouge et Or compte sur des athlètes de grand talent et excelle dans les ajustements à la mi-temps.

« On se répète et c'est peut-être un peu plate à entendre, mais il faut vraiment jouer jusqu'à la dernière minute, jusqu'à ce que le tableau indicateur affiche véritablement zéro. On est en excellente condition physique, on n'a pas d'excuse. »

Éviter le faux départ (bis)

Distancer l'adversaire en deuxième demie est depuis longtemps la signature de bien des victoires du Rouge et Or. Cette force est venue masquer une certaine carence quelques fois cette saison.

Contre Montréal, deux fois, et contre Sherbrooke la semaine dernière, l'attaque du Rouge et Or a été tenue en échec en première demie. La semaine dernière, Glen Constantin avait même déploré un manque de passion après le match.

« Souvent, la moindre petite erreur peut nous faire perdre le rythme en début de match, précise le maraudeur Vincent Plante. On prend beaucoup de temps pour s'ajuster à la mi-temps, de se parler et de sortir fort en deuxième demie, mais ce n'est pas notre souhait d'attendre aussi longtemps. »

Le jeune quart Alex Skinner reconnaît que l'unité offensive doit mieux jouer que la semaine dernière.

« Les entraîneurs nous ont questionnés sur notre passion, nos intentions, notre intensité à l'entraînement et sur notre préparation. On sent qu'on a quelque chose à prouver en fin de semaine. »

« Dans le dernier match contre les Carabins, on a regardé le film et on n'a pas nécessairement mal joué, précise Skinner. Ils ont une très bonne défense, ça peut être normal d'avoir de la difficulté à se mettre en marche. Il faut être patient et persévérer comme on a fait l'autre fois. »

La guerre des clichés

Glen Constantin a souvent répété à quel point il était difficile de battre la même équipe trois fois la même saison. C'est précisément la tâche qui attend son équipe samedi.

« Je sais que j'ai souvent dit ça, mais je préfère le dicton jamais deux sans trois », a blagué Glen Constantin en point de presse.

L'entraîneur a repris son sérieux lorsqu'un journaliste lui a demandé si la pression d'être présent à la Coupe Vanier pesait lourd sur ses joueurs.

« Le match le plus important pour nous c'est la Coupe Dunsmore, on ne regarde pas plus loin. On parle de gagner un match, pas de ne pas perdre et encore moins de Coupe Vanier. On parle de comment on va battre Montréal et c'est tout. »

Ce sera le cinquième affrontement entre les grands rivaux à la Coupe Dunsmore et un septième en match éliminatoire. Jamais les Montréalais n'ont eu le dessus. La rivalité n'en souffre pas.

« Ce sera mon dernier match contre eux, c'est spécial, confie le maraudeur de cinquième année du Rouge et Or, Vincent Plante. Le football, c'est comme un jeu d'échecs. Il ne faut pas tomber dans le panneau et rester alerte aux jeux truqués, même si on les connaît par cœur. »

« Notre concentration est exceptionnelle depuis notre entrée dans les éliminatoires, dit David Ménard des Carabins. Nous sommes en mission et on veut vraiment aller chercher cette victoire. Je ne crois pas qu'on doive réinventer la roue pour les battre, il faut juste offrir un effort complet jusqu'au bout. »

Si la rivalité est moins émouvante et personnelle qu'à une certaine époque, cette finale ne devrait pas manquer de piquant ni de rebondissements.

La Coupe Dunsmore est présentée samedi 13 h à Ici Radio-Canada Télé.

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