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07/11/2013 07:30 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

La police grecque met fin à l'occupation de la télévision publique

La police antiémeute grecque est intervenue jeudi, à Athènes, pour faire évacuer l'ancien siège de la télévision publique grecque, occupé depuis juin dernier par des dizaines de journalistes et employés licenciés.

La Grèce a mis fin aux activités télévisuelles d'ERT pour faire des économies et se plier aux exigences des plans d'aide accordés par ses créanciers internationaux.

Des journalistes de la principale chaîne publique ont refusé la décision et utilisé Internet pour diffuser des programmes de façon illégale.

L'assaut a été lancé avant l'aube et la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des petits groupes de manifestants qui résistaient.

Deux anciens salariés et deux syndicalistes ont été brièvement détenus.

Certains journalistes ont refusé de s'en aller et se sont rassemblés dans la cour du bâtiment, où ils ont été rejoints par d'autres manifestants.

Cette opération a été lancée pendant que se trouve à Athènes une délégation de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI), chargée de vérifier la mise en place des réformes promises aux créanciers du pays.

« C'est comme ça que le fascisme fonctionne, sournoisement et dans la nuit », a déclaré Adrianna Bili, une ancienne employée, chassée du bâtiment.

« C'est comme si j'avais été violée, comme s'ils étaient entrés chez moi et qu'ils avaient violé ma vie, la démocratie. », poursuit-elle.

L'opposition condamne

« Le gouvernement a atteint un tel niveau dans le délire qu'il est en train d'organiser un coup d'État contre lui-même », a de son côté estimé Zoe Konstantopoulou, une élue du parti d'extrême gauche Syriza, principale formation d'opposition.

« Certains devront rendre des comptes face à l'Histoire et aux générations futures », a-t-elle ajouté, après s'être rendue au siège d'ERT avec d'autres membres de son parti.

Un porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, a évoqué une « occupation illégale » et expliqué que la police était intervenue pour « faire respecter la loi ».

Quelque 300 personnes se sont rassemblées devant le bâtiment, situé à Agia Paraskevi, une banlieue au nord d'Athènes. À l'intérieur, la police vérifiait l'état du matériel et des installations en présence d'un représentant du parquet.

« Le combat pour la démocratie et la justice sociale, que mènent depuis plus de quatre mois les employés d'ERT, vit son moment le plus crucial », dit un message publié sur la page du diffuseur sur le réseau social Facebook. « Il est temps d'agir, rassemblons-nous maintenant! »

La fermeture soudaine des chaînes de télévision d'ERT a conduit aux licenciements de 2600 employés et au départ de la Gauche démocratique (Dimar) du gouvernement de coalition, désormais uniquement formé par les conservateurs du premier ministre Antonis Samaras, les socialistes du Pasok et l'indépendant Yannis Stournaras au ministère des Finances.

La Dimar a dénoncé jeudi le comportement « autocratique » du gouvernement dans la mise en place des réformes et critiqué « la violente restructuration de la télévision publique ».

Depuis juin, le gouvernement a lancé une nouvelle chaîne, simplement intitulée Télévision publique, ou DT.

Reuters

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