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07/11/2013 08:47 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

Des légistes suisses soutiennent « raisonnablement la thèse de l'empoisonnement » de Arafat

Les analyses scientifiques menées en Suisse ne permettent pas aux scientifiques d'affirmer que Yasser Arafat a été tué par le polonium, pas plus qu'elles ne permettent de l'exclure.

« On ne peut pas dire que le polonium a été la source de la mort » d'Arafat, a déclaré le directeur de l'Institut de radiophysique appliquée, François Bochud. Mais « on ne peut pas l'exclure », ajoute-t-il.

« Les doses de polonium supposent forcément l'intervention d'un tiers », soutiennent les experts, en précisant qu'un tel taux de polonium ne peut se retrouver naturellement.

« Vous ne pouvez pas accidentellement ou volontairement absorber une source de polonium, ce n'est pas quelque chose que l'on retrouve naturellement dans l'environnement », a déclaré le directeur du laboratoire, Patrice Mangin.

De plus, le développement de la maladie qui a emporté M. Arafat est cohérent avec un empoisonnement au polonium, poursuivent-ils.

Les experts du laboratoire suisse ont analysé les restes de M. Arafat de même que des vêtements et des effets personnels qu'il avait avec lui dans les jours précédant sa mort dans un hôpital parisien.

Le corps de Yasser Arafat a été exhumé en novembre 2012 à Ramallah, huit ans après son décès près de Paris, pour les besoins d'une enquête qui doit déterminer s'il est mort empoisonné, comme le pensent de nombreux Palestiniens.

Une enquête pour assassinat avait été confiée quelques mois plus tôt à trois juges d'instruction de Nanterre, En France, après l'annonce par l'Institut de radiophysique de Lausanne de la découverte d'une quantité anormale de polonium sur des effets personnels remis par sa veuve.

Yasser Arafat est décédé à l'âge de 75 ans après une courte et mystérieuse maladie, le 11 novembre 2004, à l'hôpital militaire de Percy, à Clamart dans les Hauts-de-Seine, où il avait été transféré avec l'accord d'Israël, après avoir été isolé par l'armée israélienne dans son quartier général de Ramallah.

Aucune autopsie n'avait été pratiquée à l'époque, à la demande de sa veuve, et les médecins français qui l'ont soigné se sont déclarés incapables de déterminer la cause du décès.

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