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06/11/2013 02:15 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

Suspension de trois sénateurs : et maintenant?

BLOGUE DE DENIS FERLAND - Trois suspensions plus tard, la vie reprend son cours sur la colline du Parlement, du moins un peu...

L'opposition a bien sûr l'intention de continuer à harceler le premier ministre Harper sur son rôle et celui de son entourage dans l'affaire Duffy-Wright et de maintenir l'histoire en vie. Connaissant le premier ministre, malgré ses changements de version, ce ne sont pas messieurs Mulcair et Trudeau qui vont le faire bouger. Comme depuis le début de cette affaire, ce sont des développements survenus ailleurs qui ont forcé Stephen Harper à faire « évoluer » sa version des événements; fuites, documents de cour, sorties-chocs de certains, admissions de certains autres...

M. Harper a cependant perdu une réplique présente dans à peu près toutes ses réponses depuis deux semaines : à savoir que les fautifs doivent être punis, que le Sénat doit prendre ses responsabilités, etc. C'est fait, les suspensions sont en vigueur, passons à d'autres répliques. Le premier ministre peut toujours continuer d'accuser les libéraux d'avoir voulu protéger les mécréants en leur offrant une audience en comité avant de les suspendre.

Outre les questions quotidiennes en Chambre donc, il reste dans le paysage le vérificateur général, qui se penche sur l'ensemble des dépenses de tous les sénateurs. S'il y a irrégularité, le nouveau préfet de discipline du Sénat, Claude Carignan, a promis de les sanctionner également.

Aussi à l'horizon, la GRC qui enquête sur les allocations litigieuses des trois sénateurs suspendus, entre autres, ainsi que sur l'angle Wright-Duffy. Fraude et abus de confiance au menu. On apprend incidemment que certains dossiers ont été remis par les enquêteurs à la Couronne, qui doit maintenant décider du dépôt d'éventuelles accusations.

En l'absence de développement de ce côté, il va falloir que les véritables débats remontent à la surface.

Le projet de loi omnibus du gouvernement sur le budget fait son petit bonhomme de chemin sans qu'on se rende compte que la moitié de son contenu va beaucoup plus loin que le dernier budget. L'entente avec l'Union européenne est aussi passée à la moulinette de la crise au Sénat, tout comme le discours du Trône. Le gouvernement Harper aimerait probablement qu'on parle davantage de ces deux derniers dossiers.

Et que dire de ce rapport d'Environnement Canada sur le bilan annuel des émissions de gaz à effet de serre? Déposé il y a deux semaines, il montrait en gros que le Canada ne se dirige pas vers l'atteinte de ses objectifs de réduction des GES pour 2020, loin de là. Encore hier, le commissaire à l'environnement a déposé un rapport passé inaperçu. Le gouvernement fédéral tient un langage en matière de conservation, de parcs nationaux, mais ne suit pas avec les actions qui s'imposent.

Bref, vous le voyez, la crise autour du Sénat a envoyé dans le dalot des enjeux qui méritent plus d'attention de la part du gouvernement, de l'opposition, mais surtout des Canadiens. On verra si le vote d'hier soir va être suivi d'un essoufflement certain souhaité par le premier ministre Harper et ses troupes.

Le scandale des dépenses au Sénat

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