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06/11/2013 02:07 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

Procès des Rédemptoristes : la loi du silence prévaut, dit l'expert Thomas Doyle

La loi du silence prévaut dans l'Église, soutient l'expert américainThomas Doyle qui témoigne en faveur des victimes, mercredi, au procès en recours collectif intenté par d'anciens étudiants du Séminaire Saint-Alphonse pour des agressions sexuelles commises par des pères rédemptoristes.

Le prêtre spécialiste en droit canonique a passé en revue certaines règles internes du Vatican. Il a expliqué que selon ces règles, le fait de révéler l'existence d'une agression sexuelle commise par un membre de l'Église est une faute plus grave que l'agression elle-même. La punition prévue est d'ailleurs la plus sévère, soit l'excommunication.

Depuis 30 ans, Thomas Doyle a rencontré des milliers de victimes de prêtres, autant des hommes que des femmes, pour étayer ses thèses.

Il a constaté que les plaignants ont plusieurs points en commun. La plupart considèrent les religieux comme les représentants de Dieu ou de Jésus sur la Terre. « Ils croient donc que l'agression a été commise par Dieu lui-même », a expliqué le témoin expert devant le tribunal.

Les victimes se sentent coupables et ne comprennent pas ce qu'elles ont fait pour être punies de la sorte, soutient-il.

Pour réaliser son rapport sur le dossier des Rédemptoristes, Thomas Doyle a examiné les archives de la congrégation. Il constate que les Rédemptoristes avaient une emprise totale sur le Séminaire Saint-Alphonse, même après l'incorporation civile de l'institution en 1967.

C'est le supérieur provincial qui nommait les enseignants et le directeur de l'école.

Thomas Doyle croit que ce procès encouragera d'autres victimes au Québec à briser le silence. « Je pense que l'un des impacts sera de faire sortir d'autres victimes et les encourager à révéler qu'elles ont aussi été agressées par cette communauté ou par d'autres », a souligné l'expert aux journalistes à la sortie du tribunal.

En après-midi, c'est l'expert en droit canonique de la défense qui a été entendu. Ernest Caparros, un professeur de l'Université d'Ottawa, considère que Thomas Doyle fait une interprétation bien personnel du droit canon. Il poursuivra son témoigne jeudi.

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