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« Les clefs du Paradise »: le nouveau roman de Michel Tremblay sur les tablettes

06/11/2013 01:52 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST
PC

MONTRÉAL - Quarante ans après avoir fait connaître sa duchesse de Langeais au public, Michel Tremblay propose de découvrir les origines de ce personnage au destin tragique.

Le dramaturge présente un nouveau roman, Les clefs du Paradise, et avoue s'intéresser de près aux péripéties sociales de la province tout en n'écartant pas l'écriture éventuelle d'une oeuvre théâtrale à saveur politique.

Dans son nouvel opus, disponible dès ce mercredi en librairie, le dramaturge propose une incursion touchante dans la conscience d'Édouard que les lecteurs ont appris à connaître dans toute son excentricité sous les traits de la duchesse de Langeais.

Michel Tremblay propose de remonter dans le temps et de faire la rencontre du personnage alors qu'il n'avait que 17 ans. Au fil des pages, Édouard apprend à se connaître, notamment grâce aux rencontres qu'il fait dans le Montréal des années 30.

«Édouard, je le traîne depuis 45 ans! J'ai raconté sa fin, son âge adulte et son assassinat. Mais je me suis toujours demandé comment il en était arrivé là. Édouard découvre qui il est à une époque où l'homosexualité était inexistante et que ça devait être très difficile. Il découvre son identité à travers la lecture d'un livre, celui de Balzac», a confié l'auteur, à l'occasion du lancement de son 32e roman.

Le récit évolue notamment entre les murs du Paradise, cabaret et lieu de rencontre tiré d'un Montréal qui n'existe plus. Pour camper son histoire dans de tels lieux, Michel Tremblay compte sur le travail de recherche de précieux collaborateurs.

«Des amis me font mes recherches. Je veux savoir ce qu'on mangeait, ce qui jouait au théâtre, combien les fourrures coûtaient aux époques de mes récits. Ils font parfois des découvertes extraordinaires et cela vient ajouter de la véracité au récit, alors qu'on se sert de choses vraies qu'on plonge dans la fiction», explique-t-il.

Et le théâtre?

Au cours des prochains mois, Michel Tremblay compte poursuivre l'écriture de la série La Diaspora des Desrosiers, dans laquelle s'inscrit son nouveau roman. L'auteur des Belles soeurs n'a-t-il pas le goût de réécrire pour le théâtre?

«Le théâtre pour moi existe pour agresser. Et ces temps-ci, j'ai plus tendance à vouloir raconter des histoires moins agressives. Mais ça va revenir, car il va sûrement y avoir quelque chose qui va me choquer à un moment donné», confie le dramaturge.

Lorsqu'il est questionné sur ce qui pourrait lui servir de rampe de lancement pour l'écriture d'une prochaine pièce, il répond candidement. «La politique pourrait m'inspirer. Ça me choque!», dit-il, tout en précisant que jamais il n'a osé écrire une pièce à saveur politique jusqu'à présent.

S'il décide de laisser un jour aller sa plume sur le thème des scandales politiques, Michel Tremblay se promet cependant de ne pas écrire un récit sur la saveur du jour. Il veut une oeuvre qui marquera son temps et sera indémodable.

«Je me méfie des brûlots, car ils vieillissent mal. Alors j'attends d'avoir un sujet qui ne sera pas dépassé dans 10 ans ou dans 20 ans», explique M. Tremblay.

Il cite en exemple la tragédie grecque Antigone, indémodable, au contraire des oeuvres de Jean-Paul Sartre et de Camus qui ne sont plus d'actualité aujourd'hui, à son avis.

«L'épaisseur politique dans une pièce de théâtre, c'est toujours ce qui disparaît en premier, alors il faut que ce qui reste soit humain. Antigone est la plus grande pièce jamais écrite sur le pouvoir, car 2500 ans plus tard, les personnages sont demeurés des humains auxquels on peut s'identifier», indique-t-il.

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