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06/11/2013 07:27 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

Missions à l'étranger : les enfants des militaires en souffrent


L'absence prolongée de parents militaires n'est pas sans conséquence pour la santé et le rendement scolaire de leurs enfants. C'est l'une des conclusions du tout premier rapport de l'ombudsman des Forces canadiennes sur le bien-être des familles militaires.

Les nombreux déménagements et le départ d'un parent en mission à l'étranger ont des répercussions à plusieurs niveaux. Selon une étude réalisée auprès de 370 familles militaires à travers le pays, les enfants vivent plus de stress et ils performent moins bien à l'école.

Les enfants de militaires seraient aussi deux fois plus à risque de développer des problèmes de sommeil. Les nombreux déplacements occasionnent aussi des problèmes d'accès à un médecin de famille. Le conjoint rencontre également des difficultés à trouver des emplois de qualité dans plusieurs cas.

À la lumière de ces résultats, l'ombudsman, Pierre Daigle, demande aux provinces de trouver des solutions pour mieux soutenir ces familles. « Si les militaires et les familles ne bougeaient pas, beaucoup de ces problèmes n'existeraient pas. C'est impossible pour une force militaire de demeurer statique, donc il faut qu'il y ait des changements », affirme-t-il.

« Les gens ont besoin d'être déployés, entraînés, ainsi de suite, donc on ne demande pas d'annuler tous les déplacements au sein des Forces canadiennes », précise M. Daigle.

Améliorer le sort des familles

Une amélioration des ressources et un meilleur encadrement des familles sont parmi les recommandations contenues dans le rapport de l'ombudsman. Un constat que salue la directrice générale du Centre de la famille de Valcartier, Marie-Claude Michaud.

« Pour nous c'est vraiment très intéressant de voir que l'ombudsman des Forces canadiennes, pour une fois, à décider de faire un dossier spécifique pour tout ce qui touche les familles militaires », soutient Mme Michaud.

Le financement instable d'Ottawa est décrié depuis des années par les organismes qui supportent les familles de militaires. Marie-Claude Michaud souhaite que le rapport de l'ombudsman puisse renforcer leur position. Elle rappelle que le retour à la base militaire après une mission à l'étranger ne signifie pas nécessairement un retour à la vie normale.

« On a beaucoup parlé des familles militaires pendant le conflit en Afghanistan. Là on vit un retour à la vie en garnison, particulièrement à Valcartier, mais il ne faudrait pas oublier tout ce que ces familles ont vécu parce que les impacts vont se faire sentir pendant plusieurs années », explique-t-elle.

Le rapport de l'ombudsman comprend 18 recommandations pour tenter d'améliorer la situation.

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