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06/11/2013 11:57 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

Le GP du Canada prend acte du blâme de la CSST, mais s'en remet à la FIA

MONTRÉAL - Le promoteur du Grand Prix du Canada de Formule 1 a pris acte des recommandations de la Commission de la santé et de la sécurité du travail à la suite du décès d'un travailleur sur piste, en juin dernier, et transmettra le rapport de la CSST aux autorités internationales de la course automobile.

C'est ce qu'a indiqué François Dumontier, mercredi, après que la CSST eut publiquement blâmé le Groupe de course Octane et l'Automobile Club de l'île Notre-Dame pour le décès de Mark Robinson, survenu à la fin du dernier Grand Prix tenu sur le circuit Gilles-Villeneuve.

M. Dumontier a reconnu que certaines recommandations seront relativement faciles à appliquer, mais que d'autres devront être étudiées par la FIA, l'organisme qui régit la F1 et qui veille à ce que les règles de fonctionnement soient uniformes d'un Grand Prix à l'autre à travers le monde.

M. Dumontier a fait savoir que le rapport de la CSST allait être acheminé à la FIA, en laissant entendre que ce sera ensuite à cet organisme d'appliquer ce qu'il juge pertinent.

Le promoteur de la course montréalaise a tenu à souligner que la sécurité demeurait une considération très importante chez Octane, mais qu'il devait aussi travailler à l'intérieur des paramètres dictés par la FIA.

M. Robinson a été happé par le chariot élévateur qu'il précédait lors du retour aux puits d'un bolide immobilisé en bordure de piste. Chargé de stabiliser le véhicule ainsi remorqué, M. Robinson n'avait d'autre choix que de courir devant le chariot élévateur, qui l'a rattrapé, a résumé la CSST dans son rapport.

Écrasé par les deux roues droites du chariot, M. Robinson a été transporté à l'hôpital de piste, où des manoeuvres de réanimation ont été pratiquées. Il a ensuite été transféré dans un centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Dans son rapport, la CSST considère qu'Octane et l'Automobile Club «ont agi de façon à compromettre la sécurité des travailleurs» et leur a ainsi émis des constats d'infraction. Pour ce type d'infraction, le montant de l'amende varie de 15 698 $ à 62 790 $ pour une première offense.

La CSST n'a pas voulu donner le montant exact des amendes. Selon une porte-parole de la commission, ces deux groupes ne sont pas des récidivistes en matière de santé et sécurité au travail.

À la suite de son enquête, la commission exige de l'employeur qu'il forme tous les opérateurs de chariots élévateurs selon les exigences du Règlement sur la santé et la sécurité du travail et les recommandations du constructeur du chariot élévateur; que l'employeur s'assure que l'équipement de préhension utilisé est conforme aux exigences du constructeur du chariot élévateur et qu'il soit utilisé dans les conditions prescrites par ce dernier; et qu'il soit maintenu en bon état et que les crochets soient munis de linguets de sécurité.

Finalement, la CSST exige qu'on mette en place une méthode de travail sécuritaire pour le transport des voitures de course, puisque la méthode utilisée jusqu'à ce triste incident n'est plus permise par la CSST. La nouvelle méthode retenue devra par ailleurs être soumise à un inspecteur de la CSST, qui devra l'approuver. Les travailleurs de piste devront également être formés pour cette nouvelle méthode de transport des bolides.

Bien qu'elle exige des changements très précis à la méthode de travail lors du Grand Prix, cela ne signifie pas que la CSST enverra un inspecteur pour s'assurer de la conformité de ces méthodes.

Il ne s'agit pas de quelque chose qui est fait automatiquement et c'est à l'employeur de s'assurer que ses employés travaillent dans un environnement de travail sécuritaire, a déclaré la porte-parole Hélène Simard.

Il y aura toutefois un suivi à la suite des décisions qui ont été rendues, afin de s'assurer que les travailleurs puissent oeuvrer dans des conditions sécuritaires même si les changements effectués ne sont pas exactement ceux qui ont été initialement proposés, a pour sa part indiqué Ramdane Djedid, l'auteur du rapport.

Il existe plusieurs solutions pour l'employeur et ce n'est pas à la CSST de lui imposer l'une d'entre elles. La CSST évaluera ensuite les équivalences afin que ça corresponde à ce qu'elle recherchait initialement, a précisé M. Djedid.

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