POLITIQUE
06/11/2013 01:54 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

L'assurance autonomie coûterait 4,4 milliards, selon un regroupement

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QUÉBEC - Le coût du projet péquiste d'assurance autonomie pourrait s'élever à plusieurs milliards $ pour les contribuables, estime le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA).

L'opposition libérale a saisi au bond mercredi la balle lancée la veille en commission parlementaire par le président du regroupement, Luc Maurice. Sur la foi d'une analyse maison, ce dernier a évalué à 4,4 milliards $ la facture du maintien à domicile des aînés vulnérables, pierre angulaire du projet d'assurance autonomie.

En tenant compte du milliard $ que l'État injecte déjà dans les soins à domicile, M. Maurice a calculé qu'un investissement supplémentaire de 3,4 milliards $ serait nécessaire pour répondre aux besoins quotidiens des 200 000 personnes âgées les plus nécessiteuses. Ce montant astronomique exclut les frais de transport, d'infrastructure, de supervision, d'évaluation et de coordination du service.

«Comment on va financer ça? Il y a 3,6 (millions de) Québécois qui travaillent, donc c'est 1000 $ par tête de pipe, par travailleur au Québec chaque année. C'est 20 dollars par semaine», a soulevé le président du RQRA devant les membres de la commission.

À l'Assemblée nationale, le chef parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier, a cherché en vain à connaître les projections financières liées au projet et le ponction que devront absorber les contribuables. La première ministre n'a pas voulu confirmer les chiffres avancées par M. Maurice mais a précisé que l'État ne sera pas en mesure de couvrir 100 pour cent des besoins requis par les personnes en perte d'autonomie.

«On peut bien faire un modèle théorique comme celui où veut nous amener le chef parlementaire de l'opposition officielle, mais qu'est-ce qu'on veut comme société? Est-ce qu'on veut aider les personnes âgées à rester chez elles? Est-ce qu'on peut toutes les aider à 100 pour cent maintenant? Non. C’est triste. On ne peut pas faire tout ça en même temps, on va y aller progressivement, mais ça va être mieux que tout ce qu'on a fait jusqu’à maintenant. C'est ça, notre régime d’assurance autonomie», a-t-elle dit.

Le gouvernement péquiste s'est engagé en campagne électorale à injecter 500 millions $ supplémentaires d'ici 2017 pour implanter le nouveau régime.

Par la suite, il faudra ajouter jusqu'à 150 millions $ par année pour faire face au vieillissement de la population, a précisé le ministre de la Santé, Réjean Hébert, qui évoquait encore une mesure à «coût nul» le printemps dernier.

«Le Livre blanc est très clair là-dessus, il va falloir ajouter de 90 à 150 millions $ par année pour couvrir le vieillissement de la population, il n'y a pas de cachette là-dessus. Mais il faudrait en ajouter le double si on n'a pas l'assurance autonomie», a-t-il déclaré.

Quelle que soit la façon d'aborder le dossier, il est clair, a renchéri la première ministre, que le «virage» vers le maintien à domicile des personnes âgées sera à terme moins coûteux que le statu quo et l'hébergement en institution.

«Si nous n’agissons pas, il y aura une progression exponentielle des coûts parce qu’aller dans un CHSLD coûte beaucoup plus cher que d’offrir des services et des soins à domicile. Si nous faisons ce choix-là, et c’est celui que nous faisons, c'est qu'il y a une réduction réelle du risque de progression des coûts, qui a été parfaitement documenté», a-t-elle expliqué.

Pour le leader libéral en Chambre, le projet d'assurance autonomie est un ballon électoral qui va éclater aussitôt que les contribuables en connaîtront le coût réel.

«Le gouvernement nous fait des propositions pour susciter des discussions mais sans jamais nous donner les chiffres qui vont avec. Mme Marois disait aujourd’hui: 'Les Québécois veulent plus de soins'. Bien sûr, mais vous allez chez Brault et Martineau, vous allez tout vouloir, vouloir avoir tous les fauteuils. Mais on ne peut pas dire, comme Brault et Martineau: 'Achetez tout de suite, payez plus tard'. Les Québécois doivent savoir combien ça coûte», a insisté M. Fournier dans un élan métaphorique.

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