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06/11/2013 03:11 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

L'assurance autonomie coûterait des milliards, selon un regroupement

Le coût du projet péquiste d'assurance autonomie pourrait s'élever à plusieurs milliards de dollars pour les contribuables, estime le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA).

L'opposition libérale a saisi au bond mercredi la balle lancée la veille en commission parlementaire par le président du regroupement, Luc Maurice. Sur la foi d'une analyse maison, ce dernier a évalué à 4,4 milliards de dollars la facture du maintien à domicile des aînés les plus nécessiteux, pierre angulaire du projet d'assurance autonomie.

M. Maurice a calculé que 110 000 employés seraient requis pour répondre aux besoins quotidiens des 200 000 personnes âgées les plus vulnérables au Québec.

En tenant compte du milliard de dollars que l'État injecte dans les soins à domicile, M. Maurice en arrive à la conclusion que le projet d'assurance autonomie nécessiterait un investissement supplémentaire de 3,4 milliards de dollars, soit environ 1000 dollars par travailleur, chaque année.

Ce montant astronomique exclut les frais de transport, d'infrastructure, de supervision, d'évaluation et de coordination du service.

À l'Assemblée nationale, le chef parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier, a exigé en vain que le ministre de la Santé, Réjean Hébert, rende publiques les projections financières liées au projet. Le printemps dernier, le ministre Hébert évoquait encore une mesure « à coût nul ».

La première ministre Pauline Marois n'a pas voulu confirmer les chiffres avancés par M. Maurice mais a précisé que l'État ne sera pas en mesure de couvrir 100 % des besoins requis par les personnes en perte d'autonomie.

Ill est clair, a renchéri la première ministre, que le « virage » vers le maintien à domicile des personnes âgées sera à terme moins coûteux que le statu quo et l'hébergement en institution.

« Si nous n'agissons pas, il y aura une progression exponentielle des coûts parce qu'aller dans un CHSLD coûte beaucoup plus cher que d'offrir des services et des soins à domicile. Si nous faisons ce choix-là, et c'est celui que nous faisons, c'est qu'il y a une réduction réelle du risque de progression des coûts, qui a été parfaitement documenté », a-t-elle expliqué.

Québec solidaire réclame du ministre Hébert les sources de financement du projet

Québec solidaire voit dans le projet d'assurance autonomie un moyen de faire payer les contribuables pour des services qui doivent demeurer publics. Françoise David estime que le ministre Hébert doit indiquer clairement les sources de financement du projet d'assurance autonomie.

« Les indications contenues dans son Livre blanc m'inquiètent. Le ministre y ouvre grande la porte à la tarification des services à domicile, une autre manière d'aller en chercher plus d'argent dans les poches des gens ordinaires », déplore la députée de Gouin.

Québec solidaire souligne que le Livre blanc indique que les soins et services professionnels actuellement offerts par les CSSS pourraient « en certains cas, faire l'objet d'une entente contractuelle avec une RPA (résidence privée pour aînés) ou une organisation privée. »

Pour Françoise David cette ouverture au privé dans les services aux personnes en perte ou en quête d'autonomie n'augure rien de bon : « Ces services d'assistance doivent demeurer publics. Avec des ressources privées, rien ne garantit les conditions de travail des employés et ultimement la qualité des services prodigués. »

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