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06/11/2013 03:48 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

Eaux usées: la gestion des égouts basée sur de fausses données

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Les eaux usées non traitées débordent dans les cours d'eau beaucoup plus souvent que ne le rapportent les statistiques officielles, avec des conséquences graves pour l'environnement et la santé des gens, selon ce qu'a découvert l'émission Enquête.

Johanne Desautels et Serge Boucher possèdent un chalet au lac Pohénégamook dans le Bas-Saint-Laurent. Au fil du temps, ils ont commencé à soupçonner que leur municipalité déversait illégalement des eaux usées non traitées dans le lac en face de leur chalet.

Au cours des vacances estivales de 2006, toute la famille est tombée malade dans la même semaine : pneumonie, gastroentérite, otite, douleur au rein.

« Christophe [l'un des enfants de la famille] faisait 40 [degrés] de fièvre, il se tordait de douleur. [...] Des bouts, tu ne savais pas s'il allait perdre son rein ou pas. Ça faisait six jours que ça ne fonctionnait pas », explique Johanne Desautels.

L'enfant de six ans a souffert d'une grave infection du rein par douleur. Il s'en est tiré sans séquelles, mais les médecins ont affirmé que son infection était due à une contamination à la bactérie E. coli.

Les égouts du CLSC débordaient directement en face du chalet familial lorsque survenait une panne à la station de pompage.

Ce type de débordements est totalement interdit par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT). Mais selon ce qu'Enquête a découvert, le ministère peine à faire respecter sa propre réglementation.

En théorie, tous les débordements d'égouts devraient être consignés dans un registre central. Mais selon un travailleur qui souhaite conserver l'anonymat, il est facile pour les municipalités de transmettre de fausses informations au MAMROT.

Dans le cas de Pohénégamook, la municipalité ne signalait presque jamais de débordements au MAMROT. Pourtant, selon un jugement récent, d'importants débordements survenaient régulièrement en face du chalet de la famille Boucher-Desautels.

Contrôle de la fiabilité de l'information

Le rapport du commissaire au développement durable déposé en février dernier à l'Assemblée nationale affirmait par ailleurs que le MAMROT « ne vérifie ni la fiabilité ni l'intégralité des informations transmises mensuellement au moyen du système informatisé », se limitant « à détecter les données qui semblent incohérentes ».

« Par exemple, dans le cas d'une municipalité, des épisodes de débordements n'avaient pas été inscrits dans le système. Dans deux autres cas, des ouvrages de surverse n'étaient même pas répertoriés dans le système de suivi; les données afférentes à ceux-ci ne sont donc pas transmises par les municipalités. La revue des données réalisée par le MAMROT ne permet pas de relever de telles omissions », poursuit le rapport.

« En ne vérifiant pas la fiabilité et l'intégralité des données relatives au suivi de la performance des infrastructures municipales d'assainissement, le MDDEFP et le MAMROT se privent de moyens d'intervenir efficacement », conclut le commissaire.

D'après un reportage de Julie Vaillancourt

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