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06/11/2013 11:41 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

Congo: l'attention se tourne vers d'autres groupes après la défaite du M23

KINSHASA, République Démocratique Du Congo - Après avoir défait les rebelles du groupe M23, les soldats congolais et ceux des Nations unies se tourneront maintenant vers les autres groupes armés qui s'en prennent aux civils, a indiqué mercredi le chef de la mission onusienne de maintien de la paix dans ce pays d'Afrique centrale.

Martin Kobler a expliqué que l'armée congolaise contrôle dorénavant tout le territoire auparavant dominé par le M23, dont l'insurrection avait éclaté dans l'est du Congo il y a près de deux ans.

Mardi, les soldats ont repris les deux dernières collines sous l'emprise du groupe et le président du M23 a publié un communiqué annonçant la fin de sa lutte armée.

Le Congo abrite toujours une multitude de groupes soupçonnés de tuer et de violer des civils dans l'est du pays, qui est le théâtre de violences depuis près de 20 ans.

«Les groupes armés devraient savoir que nous ne laisserons pas un espace vide. Nous allons répondre par la force à toutes les menaces contre la population civile», a dit M. Kobler.

La menace la plus importante est celle des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe dirigé par des Rwandais hutus qui ont participé au génocide de 1994 avant de fuir au Congo, ce qui a provoqué une série de rébellions tutsies — la plus récente en date étant celle du M23.

Si les FDLR ont perdu de la force au cours des dernières années, les analystes préviennent que le groupe demeure solidement enraciné et que plusieurs autres groupes armés justifient leur existence par sa présence dans l'est du Congo.

La promesse du M23 de mettre fin à sa rébellion représente une «étape importante», a dit Tariq Riebl, le coordonnateur humanitaire d'Oxfam au Congo, qui est d'accord qu'on doit maintenant s'attaquer à d'autres menaces.

«Le déclin d'un groupe ne se traduit pas par la fin du conflit dans l'est du pays, a-t-il dit. Maintenant, plus que jamais, le gouvernement congolais et la communauté internationale doivent prendre des mesures pour garantir que d'autres groupes ne rempliront pas l'espace abandonné par le M23.»

Pendant ce temps, le gouverneur de la province du Nord-Kivu a révélé mercredi que les autorités ont découvert un vaste arsenal à Chanzu, une des dernières places-fortes du M23 maintenant contrôlée par l'armée. Quelque 300 tonnes d'armements lourds ont été retrouvées, y compris des armes dont les forces gouvernementales ne disposent pas.

Le gouvernement congolais et l'ONU affirment depuis longtemps que le Rwanda voisin fournit des armes et d'autres appuis au M23, ce que le gouvernement rwandais réfute.

Les autorités congolaises se pencheront maintenant également sur le sort des combattants du M23. Certains pourraient être graciés et possiblement joindre les rangs de l'armée, mais M. Kobler a prévenu que ceux qui ont commis les crimes les plus graves devront répondre de leurs gestes.

Reste aussi à voir quelle emprise les commandants du M23 ont sur leurs hommes. Si certains des rebelles refusent de déposer les armes, ils pourraient simplement refaire surface sous une nouvelle identité.

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