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05/11/2013 04:38 EST | Actualisé 04/01/2014 05:12 EST

Les New-Yorkais aux urnes

À moins d'une surprise, le candidat démocrate à la mairie de New York, Bill de Blasio, devrait remporter, mardi, une victoire aisée face à Joe Lhota dans la course à la succession de Michael Bloomberg, qui boucle un troisième mandat.

Une victoire de cet homme, qui a fait toute sa campagne en se présentant comme l'avocat des laissés-pour-compte de la reprise économique, serait une bouffée d'oxygène pour le Parti démocrate qui ne préside plus aux destinées de la métropole américaine depuis 1994, année de l'arrivée de Rudolph Giuliani.

Selon les dernières enquêtes d'opinion, elle pourrait être la plus écrasante depuis celle du démocrate Ed Koch en 1985, qui avait alors raflé près des trois quarts des suffrages exprimés.

Une étude de NBC 4 New York/Wall Street Journal/Marist Poll, publiée lundi, montre que Bill de Blasio pourrait récolter 65 % des voix, contre 24 % pour son principal concurrent, le républicain Joe Lhota, ancien premier adjoint de Rudolph Giuliani.

Lee Miringoff, sondeur de Marist, explique cette avance confortable par la lassitude qui a gagné les New-Yorkais après les 12 années passées par Michael Bloomberg à l'hôtel de ville.

À New York, « Le Parti républicain n'existe pas », a commenté Hank Sheinkopf, un consultant démocrate. « Les républicains l'emportent à New York lorsqu'il y a une crise. Pour Giuliani, c'était la criminalité et pour Bloomberg, c'était le 11 Septembre. Aucune de ces circonstances n'est réunie. New York retourne à la normale. »

Un vétéran

Médiateur de la Ville, Bill de Blasio est un homme politique expérimenté qui s'est notamment tenu les rênes de la campagne électorale victorieuse de la démocrate Hillary Clinton en 2000, lorsqu'elle briguait un mandat de sénatrice de l'État de New York.

Il s'est souvent farouchement opposé à Michael Bloomberg, lui reprochant notamment sa politique sécuritaire.

Son concurrent, Joe Lhota, juge qu'il manque d'expérience aux postes à responsabilités et assure que son élection risque de se traduire par une hausse de la délinquance.

Ces critiques ne devraient toutefois pas empêcher Bill de Blasio de l'emporter avec une marge confortable au terme d'une campagne qui fut plus feutrée que celle de la primaire démocrate.

Jusqu'à la fin juillet, beaucoup s'attendaient à ce que l'ancien élu démocrate à la Chambre des représentants, Anthony Weiner, remporte l'investiture, deux ans après avoir démissionné de son poste à la suite d'une affaire de mœurs.

La publication, cet été, de photos intimes échangées l'année dernière par Anthony Weiner a toutefois sonné le glas de ses ambitions, ouvrant une voie royale à Bill de Blasio.

Pour devenir candidat démocrate, il a également dû écarter Christine Quinn qui a eu toutes les peines du monde à justifier le soutien qu'elle avait apporté à Michael Bloomberg, lorsqu'il a fait adopter une modification provisoire de la législation new-yorkaise afin de pouvoir se présenter à un troisième mandat.

La cote de Bill de Blasio s'est envolée un mois avant la primaire, les électeurs démocrates semblant notamment séduits par son projet visant à taxer davantage les New-Yorkais les plus aisés afin de financer le développement de jardins d'enfants.

Reuters

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