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05/11/2013 03:08 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

Explosion: le Brésil a surveillé sur des espions français soupçonnés de sabotage

SAO PAULO - L'agence brésilienne du renseignement a gardé à l'oeil les espions français soupçonnés dans une explosion tragique d'une base de lancement de satellites du nord-est du pays, en 2003, a rapporté mardi un quotidien de Sao Paulo.

Les autorités avaient par la suite déterminé que ces agents français n'ont pas été impliqués dans l'accident, qui a causé la mort de 21 personnes.

Dans des documents du service brésilien du renseignement (ABIN) dont le quotidien Folha a obtenu copie, on mentionne que les agents brésiliens avaient déjà retracé, un an avant la tragédie, les espions français près du site de lancement de la base aérospatiale d'Alcântara, dans l'État de Maranhao. Les soupçons avaient donc été dirigés vers la France lorsque l'explosion est survenue, l'année suivante.

Citant des sources non identifiées, le quotidien indique que l'ABIN a mené au moins trois opérations contre un «réseau d'espions» liés aux services de renseignement de la France à l'étranger, et leurs activités au centre franco-brésilien de coopération scientifique ainsi qu'à l'institut brésilien de recherche spatiale.

Or, aucune preuve de sabotage n'a été trouvée et l'explosion a été attribuée à une piètre maintenance des infrastructures et à des bris mécaniques.

La base aérospatiale, qui est toujours en reconstruction, pourrait faire concurrence au centre spatial de la France à Kourou, en Guyane française.

Le site de lancement d'Alcântara se situe à seulement 2,3 degrés au sud de l'équateur terrestre. En raison de la rotation de la Terre, plus rapide à l'équateur, le lancement de fusées sur ce site consommerait moins de carburant, et elles pourraient transporter une plus grande charge utile.

Les fusées partant d'Alcântara consommeraient ainsi 13 pour cent moins de carburant que celles qui s'envolent depuis Cap Canaveral, en Floride, et 31 pour cent moins que celles partant du cosmodrome russe de Baïkonur, au Kazakhstan.

L'ambassade française au Brésil a refusé de commenter l'affaire.

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