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05/11/2013 04:25 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

André Bloisclair dépose sa poursuite visant Duchesneau, Legault et la CAQ

MONTRÉAL - André Boisclair passe de la parole aux actes en déposant une poursuite dans laquelle il réclame 200 000 $ à la Coalition avenir Québec (CAQ), son député Jacques Duchesneau ainsi qu'à son chef François Legault.

Déposée en Cour supérieure mardi, au Palais de justice de Montréal, la poursuite fait référence à des propos tenus par M. Duchesneau les 25 et 26 septembre à l'égard de celui qui était alors délégué général du Québec à New York.

À maintes reprises, le député caquiste avait insinué qu'il pourrait exister un lien entre une subvention de 2,5 millions $ accordée à un projet de restauration de l'église St-James mené par l'entrepreneur Paul Sauvé, l'infiltration de l'entreprise de ce dernier par le crime organisé et la consommation passée de cocaïne de M. Boisclair.

Le chef de la CAQ, François Legault, avait alors appuyé son député en se présentant à ses côtés lors d'un point de presse.

L'ex-chef péquiste réclame ainsi 100 000 $ aux défendeurs pour réparation des dommages moraux ainsi que 100 000 $ supplémentaires pour leurs manquements «illicites et intentionnels» à ses droits fondamentaux.

M. Boisclair demande également une lettre de rétractation et d'excuses qui devra être diffusée à leurs frais dans tous les médias ayant mentionné, repris ou commenté les propos de M. Duchesneau.

Dans sa poursuite, M. Boisclair estime que «les propos diffamatoires tenus par les défendeurs s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie médiatique orchestrée (...) dans le but manifeste de gagner la faveur du public».

Il est particulièrement sévère à l'endroit du chef caquiste, qu'il accuse d'avoir «amplifié le préjudice» qu'il a subi.

«Le défendeur Legault a utilisé sa crédibilité et sa notoriété à titre de député et de chef d'un parti politique pour appuyer et prêter foi à des propos diffamatoires manifestement faux et grossièrement abusifs», soutient l'ex-chef péquiste.

Selon M. Boisclair, le chef caquiste avait reçu une mise en demeure le soir du 25 septembre concernant les insinuations de M. Duchesneau.

Le plaignant estime que M. Legault avait «l'opportunité d'intervenir pour mettre un terme aux attaques diffamatoires (de M. Duchesneau) ou, à tout le moins, de s'abstenir d'amplifier la diffamation».

L'ex-chef péquiste explique dans sa poursuite que le 10 avril 2003, soit trois jours avant la victoire du Parti libéral du Québec, il avait signé une lettre adressée au révérend de l'église St-James.

Il ajoute que le document indiquait que le projet de restauration de l'église était admissible à une «aide financière (...) de 2,6 millions $ sous réserve de l'obtention par l'Assemblée nationale des crédits nécessaires».

M. Boisclair rappelle également que c'est le Parti libéral du Québec, qui avait remporté les élections du 14 avril 2003, qui avait octroyé l'aide financière, alors qu'il n'était plus ministre.

«Le défendeur Duchesneau savait ou devait savoir que la lettre du 10 avril 2003 n'accordait aucune aide financière, mais confirmait plutôt l'admissibilité de l'église St-James à l'aide financière», écrit-il.

Il suggère également que ce n'est qu'en 2006 que l'entreprise de M. Sauvé aurait été infiltrée par le crime organisée, d'après le témoignage que l'homme d'affaires a livré devant la Commission Charbonneau, en septembre dernier.

M. Boisclair a déjà reconnu avoir consommé de la cocaïne à quelques occasions à la fin des années 1990, mais affirme ne jamais avoir eu de dette envers le crime organisé.

À sa demande, l'ex-chef du Parti québécois a récemment été relevé de ses fonctions de délégué général du Québec à New York. Depuis, il attend toujours une réaffectation au sein de la fonction publique.

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