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04/11/2013 08:04 EST | Actualisé 04/01/2014 05:12 EST

Réélection de Régis Labeaume : le syndicat des pompiers « prêt à négocier »

Au moins deux syndicats d'employés de la Ville de Québec ont réagi jusqu'à maintenant à la réélection de Régis Labeaume, qui a obtenu dimanche le mandat fort qu'il réclamait pour amorcer ce qu'il a lui-même qualifié de « révolution » dans les relations de travail.

Régis Labeaume a recueilli 74,2 % des voix et 18 des 21 sièges à l'Hôtel de Ville. Dans son discours de victoire, le maire de Québec a fait valoir qu'il a désormais les coudées franches pour régler le dossier du déficit des régimes de retraite des employés municipaux.

L'Association des pompiers professionnels de la Ville de Québec a été la première à réagir lundi matin à la réélection de Régis Labeaume.

Éric Gosselin, président de l'Association, s'est dit prêt à négocier avec la nouvelle administration municipale. « Ce qu'on a vécu dans les derniers mois, ce n'est vraiment pas drôle. C'est certain que ce matin, les salariés doivent prendre ça avec inquiétude, mais regardez, on va laisser la chance à la nouvelle administration de faire ses preuves », a-t-il réagi.

Éric Gosselin ne considère cependant pas la victoire d'Équipe Labeaume comme un mandat de la population donné au maire pour s'attaquer aux conditions de travail des employés municipaux.

Il ne partage pas les propos de Régis Labeaume, qui a qualifié de référendaire l'élection de dimanche en ce qui concerne le thème des conditions de travail des employés municipaux.

« Ce n'est pas une élection référendaire. Au Québec, une élection référendaire, ça n'existe pas », a lancé Éric Gosselin.

À l'instar des pompiers, la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ) ne fait pas la même lecture que Régis Labeaume au sujet du résultat des élections.

Le syndicat estime que le maire n'a pas obtenu le mandat fort qu'il réclamait. « Le mandat qu'il a obtenu est moins fort que celui de 2009. Pour nous, il n'a pas un mandat pour faire une révolution », plaide Bernard Lerhe, président de la FPPVQ.

« Près de 70 % des électeurs qui n'ont pas fait le choix d'appuyer cette révolution-là. Je m'explique : il y a 45 % des gens qui n'ont pas voté pour le maire Labeaume et il y a 25 % qui ont voté contre sa révolution. Donc, il n'y a pas lieu de pavoiser », a ajouté M. Lerhe, faisant référence au fait que 45 % de la population de Québec n'a pas exercé son droit de vote et qu'un peu moins de 25 % de l'électorat n'a pas voté pour le maire.

De leur côté, le Syndicat des fonctionnaires municipaux de la Ville de Québec (cols blancs) de même que le Syndicat des employés manuels de la Ville de Québec (cols bleus) n'ont pas encore réagi à la réélection de Régis Labeaume et de son équipe.

Le ministre Gaudreault réagit

Par ailleurs, le ministre québécois des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a assuré dimanche soir qu'il avait bien entendu le message de Régis Labeaume durant sa campagne électorale.

Il rappelle toutefois que le plan d'action du gouvernement québécois sur l'avenir des régimes de retraite ne doit pas brûler des étapes.

Même si le maire de Québec veut montrer l'exemple, Sylvain Gaudreault souligne que la réalité de la Ville de Québec ne s'applique pas nécessairement à toutes les villes de la province.

« Je veux juste vous rappeler que la Ville de Montréal s'est entendue avec les cols bleus sur la question des régimes de retraite. La Ville de Saguenay s'est entendue aussi avec une bonne partie de sa fonction publique. Alors, les réalités sont très différentes d'une ville à l'autre », a tenu à rappeler le ministre Gaudreault.

« La pire erreur, c'est de mettre toutes les municipalités dans le même sac. Moi, ma responsabilité, c'est d'avoir une vue d'ensemble et on va prendre une étape à la foi », a-t-il ajouté.

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