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04/11/2013 02:04 EST | Actualisé 04/01/2014 05:12 EST

Michel Arsenault quittera la direction de la FTQ

MONTRÉAL - Écorché par des allégations formulées à la Commission Charbonneau, le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, quittera ses fonctions.

M. Arsenault a annoncé lundi qu'il ne demandera pas de renouvellement de mandat lors du congrès de la centrale à la fin novembre. Il en a d'abord fait l'annonce par communiqué, disant ne pas pouvoir «refaire le passé» et estimant avoir toujours agi «avec droiture et loyauté».

En conférence de presse aux bureaux de la FTQ à Montréal, M. Arsenault a fait valoir la «tempête médiatique» à son égard ainsi que sa situation familiale à l'aube de la retraite. Il a soutenu que les allégations à la Commission Charbonneau n'avaient «rien à voir» avec sa décision de quitter. Il a ajouté que la relève était prête et qu'il partait «l'esprit en paix».

Du même souffle, il a annoncé que le secrétaire général Daniel Boyer serait candidat à sa succession. Aussi, Serge Cadieux, actuel président national du Syndicat des employés professionnels et de bureau et vice-président de la FTQ, se portera candidat au poste de secrétaire général.

Il prend ainsi par surprise le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui venait de mettre de l'avant un candidat pour affronter M. Arsenault à la présidence de la centrale à la fin novembre.

Certains dirigeants du SCFP-Québec, l'un des plus importants syndicats de la FTQ, n'avaient pas caché leur malaise devant les informations qui circulent au sujet de M. Arsenault, dont le nom revient souvent ces jours-ci devant la Commission Charbonneau.

Claude Généreux, l'ex-dirigeant du SCFP, avait lancé, en annonçant sa candidature la semaine dernière, une attaque à peine voilée contre M. Arsenault en disant vouloir recentrer la FTQ sur sa mission d'origine, et «défendre les membres plutôt que (...) des réputations».

En entrevue, lundi, M. Généreux s'est offusqué de prendre connaissance des nouvelles candidatures en même temps que les médias. Il a surtout dit croire qu'il n'y aurait ainsi «rien de nouveau» dans la direction post-Michel Arsenault à la FTQ.

«La nouvelle aujourd'hui (lundi) n'est pas tant l'annonce du non-renouvellement de mandat de Michel Arsenault, mais le fait qu'il a déjà attaché une nouvelle liste de candidatures... pour la continuité. La continuité, généralement on n'a pas de problèmes avec ça, mais il faudrait savoir de quelle continuité il s'agit? Si c'est la continuité des enveloppes brunes et de la non-imputabilité, ça pose problème», a exprimé M. Généreux.

M. Arsenault, issu du Syndicat des métallos, occupe la présidence de la centrale depuis 2007. Il avait succédé à Henri Massé.

Il est également président du conseil d'administration du Fonds de solidarité de la FTQ et son implication au sein du Fonds est au coeur des discussions actuelles devant la commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

«Je ne vous cacherai pas que la tempête médiatique à mon égard a joué (dans la décision). Ça été très dur pour ma famille, particulièrement dans les six ou sept derniers mois. J'ai une situation personnelle aussi. Je suis à l'aube de mes 63 ans. Un autre terme m'amènerait au-delà de 65 ans, et vous savez que c'est contre nos principes au syndicat», a laissé tomber le chef syndical.

La FTQ a souligné par communiqué la contribution de M. Arsenault à l'adoption d'un code d'éthique à la FTQ et à l'«amélioration continue» de la gouvernance du Fonds de solidarité FTQ.

L'organisation ajoute qu'il a su faire le nécessaire pour «remettre sur un seul rail» les syndicats affiliés à la FTQ-Construction. Elle fait valoir que le nombre d'actionnaires n'a cessé de croître au Fonds de solidarité FTQ.

«J'ai toujours cru qu'il fallait placer les institutions avant les hommes. Nous étions dû pour un nouveau leadership», a déclaré M. Arsenault en conférence de presse.

«Il est important que la succession se fasse dans la continuité, et non dans l'opportunisme», a-t-il lancé, dans une salve sans nul doute destinée à M. Généreux.

M. Arsenault témoignera ce mardi en commission parlementaire à Québec. Il doit expliquer devant la Commission des finances publiques les mesures de gouvernance du Fonds de solidarité de la FTQ.

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