POLITIQUE
04/11/2013 04:34 EST | Actualisé 04/01/2014 05:12 EST

Denis Coderre invite les élus à éviter la «petite politique» (VIDÉO)

MONTRÉAL - Denis Coderre estime avoir reçu un «mandat clair» de la population de Montréal et s'est dit prêt, lundi, à travailler avec tous ceux qui ne versent pas dans la partisanerie.

Au lendemain de sa victoire — laquelle a été moins éclatante que ne le laissaient présager les sondages —, le maire désigné a tendu la main aux autres élus de la métropole, affirmant qu'il avait l'intention d'être le maire de tous les citoyens montréalais.

«Je pense que les gens en ont soupé des lignes de parti», a-t-il déclaré en conférence de presse à l'hôtel de ville.

«Ceux et celles qui veulent travailler sans partisanerie pour les intérêts de Montréal trouveront en moi un allié», a poursuivi M. Coderre.

Et que ceux qui ont l'intention de faire de la «partisanerie», de la «petite politique» ou «le jeu des partis politiques» se le tiennent pour dit: les élus montréalais ont «une obligation de résultat», a souligné celui qui deviendra le 44e maire de la métropole.

De toute façon, il pourrait bien ne pas véritablement y avoir de parti auquel se rallier: la formation Équipe Denis Coderre pour Montréal, essentiellement mise sur pied pour briguer la mairie afin de respecter les règles du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), risque fort d'être dissoute, a rappelé son chef.

L'ancien député fédéral n'a jamais écarté cette éventualité pendant la campagne électorale, et il l'a réitéré mardi devant les journalistes, soutenant que «plusieurs options» s'offraient à lui.

Il compte s'asseoir avec les candidats qui ont défendu d'autres couleurs que celles de sa formation, dont Russell Copeman, maire élu de l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, qui faisait campagne avec la Coalition Montréal de Marcel Côté.

Denis Coderre a néanmoins signalé que des dépouillements judiciaires étaient à prévoir dans certains arrondissements.

Il a mentionné le cas du district de Saint-Jacques, dans l'arrondissement Ville-Marie, où les résultats montrent que son candidat vedette, l'ancien journaliste Philippe Schnobb, a encaissé la défaite face à Janine Krieber, colistière de Richard Bergeron.

Mais il ne faut pas voir là une contradiction par rapport au message d'unité livré lundi dans le grand hall du bâtiment de la rue Notre-Dame.

«Ça n'a rien à voir avec Projet Montréal, a-t-il laissé tomber. Je pense que c'est normal de le faire et j'imagine qu'on va faire la même chose pour ceux qui ont eu des scores encore plus proches.»

Denis Coderre n'a pas réussi à décrocher la majorité au conseil municipal à l'issue du scrutin. Selon les résultats finaux d'Élection Montréal disponibles lundi, il aura 27 sièges contre 20 pour Projet Montréal, six pour Coalition Montréal et quatre pour la formation de Mélanie Joly, Vrai changement pour Montréal.

Les huit autres sièges du conseil de ville sont occupés par des indépendants.

Un café avec Labeaume

Denis Coderre a par ailleurs profité de sa conférence de presse pour remettre les pendules à l'heure: il n'y a pas de frictions entre Régis Labeaume et lui, a-t-il assuré.

Lundi matin, le maire réélu de la Vieille Capitale a déclaré aux journalistes, après s'être montré légèrement irrité d'avoir été incapable de joindre son homologue montréalais au téléphone, que le «power trip» de ce dernier «commence de bonne heure».

Il faut dire que Régis Labeaume réagissait aux propos de Denis Coderre, qui avait encouragé sur les ondes de RDI le maire de Québec à se «calmer» sur la question des régimes de retraite des employés municipaux, l'un des principaux chevaux de bataille de M. Labeaume pendant la campagne électorale.

«Pour ceux que ça inquiète, j'ai parlé à Régis Labeaume, a lancé M. Coderre dans un éclat de rire. C'était assez drôle, merci.

«On a convenu qu'il viendrait prendre un café à l'hôtel de ville et que j'irais (en prendre un) moi aussi à son hôtel de ville. On va collaborer ensemble», a-t-il ajouté.

Il n'en demeure pas moins que l'enjeu des régimes de retraite en est un de taille, a reconnu le futur maire de Montréal.

«C'est une priorité, on s'entend. (...) Mais le rapport d'Amours avait de l'eau dans la tank à gaz», a-t-il fait valoir, précisant qu'il avait l'intention de privilégier la voie de la négociation afin de faire progresser ce dossier d'envergure.

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