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04/11/2013 12:53 EST | Actualisé 03/01/2014 05:12 EST

Denis Coderre devient le quatrième maire de Montréal en moins d'un an

MONTRÉAL - C'est à Denis Coderre que les Montréalais ont confié le mandat de tourner la page sur les scandales et allégations de malversation qui ont récemment miné la réputation de la plus grande ville du Québec, et le principal intéressé croit avoir le bon remède pour la relancer.

Favori dans les intentions de vote dès le moment où il s'est lancé dans la course à la mairie, le chef d'Équipe Denis Coderre est devenu dimanche soir le quatrième maire de la métropole en un peu moins d'un an.

Si elle était significative en début de soirée, l'avance du chef d'Équipe Denis Coderre s'est progressivement rétrécie au fil des heures.

En fin de soirée, M. Coderre récoltait 31,76 pour cent des suffrages, devant Mélanie Joly (Le Vrai changement pour Montréal - Groupe Mélanie Joly), à 26,49 pour cent, Richard Bergeron (Projet Montréal), à 25,90 pour cent, et Marcel Côté (Coalition Montréal), à 12,79 pour cent.

Le nouveau maire devra toutefois oublier la majorité au conseil municipal, puisque son parti n'a pas été en mesure d'obtenir les 33 sièges nécessaires.

L'Équipe Denis Coderre était en voie d'obtenir 27 des 65 élus du conseil, suivi de Projet Montréal (22), de la Coalition Montréal (5) et du parti de Mme Joly (3).

Le nouveau maire a d'ailleurs tenu la main à ses adversaires au cours de son discours devant ses militants, qui lui ont réservé un accueil triomphal.

«Montréal a besoin de se retrouver, a lancé M. Coderre. Montréal a besoin d'avoir des hommes et des femmes qui ne seront pas dédiés dans une foulée partisane, mais dans la reconstruction (pour) que Montréal puisse rayonner de nouveau.»

À maintes reprises dans son discours, le nouveau maire de la métropole a lancé un appel à l'unité à l'opposition.

«Je suis authentique, je vais faire des erreurs, ça va sortir tout croche des fois, a dit M. Coderre. On va oublier les attaques personnelles, on va oublier ces batailles pour travailler avec les idées.»

M. Coderre pourra par ailleurs compter sur plusieurs de ses candidats vedettes qui ont fait campagne à ses côtés.

Chantal Rouleau a rapidement été portée à la mairie de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, tout comme l'ancien ténor d'Union Montréal Alan de Sousa, dans l'arrondissement de Saint-Laurent.

Michel Bissonnet, dont certaines fréquentations ont suscité la controverse récemment, a même été réélu dans l'arrondissement de Saint-Léonard.

L'arrondissement du Plateau-Mont-Royal est cependant demeuré dans le giron de Projet Montréal alors que le maire sortant, Luc Ferrandez, a été réélu avec plus de la moitié des suffrages.

Soirée difficile

En plus d'avoir perdu la course pour le poste de maire, Mélanie Joly et Marcel Côté devront oublier le conseil municipal.

Les deux adversaires de M. Coderre au cours de la campagne électorale ne pourront y siéger puisque leurs colistiers respectifs ont été battus.

S'ils avaient été élus, Marie-Claude Johnson (Mélanie Joly) et Albert Perez (Marcel Côté) auraient pu laisser leur siège à leur chef respectif.

La situation pourrait être différente pour Richard Bergeron, puisque sa colistière, Janine Krieber, semblait être en mesure de battre de justesse Philippe Schnobb (Équipe Coderre) dans le district Saint-Jacques.

Quant à l'ex-chef de Vision Montréal Louise Harel, qui s'était désistée de la course à la mairie pour rejoindre la Coalition Montréal et laisser la voie libre à Marcel Côté, a également été défaite dans le district électoral Sainte-Marie.

L'actuel maire par intérim, Laurent Blanchard, était également derrière le candidat de Projet Montréal Éric Alan Caldwell pour le poste de conseiller de ville dans le district Hochelaga.

Du pain sur la planche

M. Coderre beaucoup de pain sur la planche lorsque l'actuel maire intérimaire Laurent Blanchard lui cèdera sa place, le 14 novembre.

Le nouveau maire aura le mandat de faire le ménage au sein de l'administration municipale, dont la réputation a été entachée par de multiples allégations de corruption et de malversation.

«Nous sommes à la croisée des chemins», a reconnu M. Coderre, dans son discours.

«Dans les 100 premiers jours, je vais mettre en place un inspecteur général et nous allons changer la culture», a-t-il ajouté à la suite de son allocution.

Il devra également se pencher rapidement sur d'autres dossiers majeurs, comme le développement économique de Montréal, le transport urbain ainsi que la gestion du projet de charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois.

Quant au taux de participation, l'appel aux urnes lancé aux électeurs montréalais par les principaux candidats n'a pas semblé avoir été entendu.

En fin de soirée, Élection Montréal était en mesure de confirmer que le taux de participation dépassera les 40 pour cent. Au total, lors du scrutin de 2009, la participation des citoyens avait été décevante, à 39 pour cent, dans la métropole, après avoir frôlé les 50 pour cent en 2001.

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