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03/11/2013 12:11 EST | Actualisé 03/01/2014 05:12 EST

 Kerry voit des signes que l'Égypte va vers la démocratie

En visite dimanche au Caire, à la veille de l'ouverture du procès du président déchu Mohamed Morsi, le secrétaire d'État américain John Kerry a déclaré percevoir des signes de progrès vers la démocratie dans un pays extrêmement polarisé entre les partisans de l'armée et des Frères musulmans.

Soucieux d'apaiser les relations avec l'armée égyptienne, qui a destitué le 3 juillet Mohamed Morsi, premier président librement élu de l'histoire du pays, John Kerry a qualifié l'Égypte de « partenaire crucial » et assuré que la récente suspension d'une partie de l'aide militaire américaine n'était « pas une punition ».

Les États-Unis ont réagi de manière embarrassée à l'éviction de Mohamed Morsi, au lendemain de grandes manifestations, une initiative qu'ils se sont gardés de qualifier de « coup d'État » tout en faisant part de leur inquiétude face à l'ampleur de la répression lancée contre les Frères musulmans du chef de l'État déchu.

Des centaines de manifestants islamistes ont été tués depuis juillet, les activités de la confrérie ont été interdites, ses avoirs gelés et la plupart de ses dirigeants arrêtés. Quatorze d'entre eux seront jugés à partir de lundi au côté de Mohamed Morsi, détenu au secret depuis sa destitution, pour « incitation à la violence ».

Interrogé dimanche sur ses récents propos sur le fait que les généraux égyptiens auraient déposé Mohamed Morsi, accusé par ses adversaires de dérive autocratique, dans le but de « rétablir la démocratie », John Kerry a répondu : « À ce stade, il y a des indications que c'est ce qu'ils ont l'intention de faire. »

« Pas une punition »

Les autorités intérimaires mises en place par l'armée ont promis des élections libres au printemps prochain, une fois la nouvelle Constitution rédigée.

La tenue d'élections est, avec le respect des droits de l'homme, l'un des points sur lesquels a insisté Barack Obama lorsqu'il a annoncé le mois dernier, après des semaines de tergiversations, la suspension d'une partie de l'aide militaire à l'Égypte - 1,3 milliard de dollars par an, la deuxième au monde après Israël.

Cette décision a provoqué la colère des Égyptiens, qui ont accusé Washington de soutenir les Frères musulmans. Samedi, le chef de la diplomatie cairote, Nabil Fahmy, a déclaré à Reuters que l'Égypte ne devait plus se reposer uniquement sur les États-Unis pour assurer sa sécurité.

Dimanche, John Kerry a reconnu à l'issue d'un entretien avec son homologue égyptien que la suspension de l'aide était mal passée au Caire.

« Nous savions que cela ne serait évidemment pas très bien perçu, mais ce n'est pas une punition », a-t-il assuré. « Le président Obama a en réalité fait un très, très gros travail pour s'assurer que cela ne perturberait pas notre relation avec l'Égypte. »

Après sa courte escale au Caire, une autre délicate opération de relations publiques attend John Kerry lundi en Arabie saoudite, dont les autorités ne décolèrent pas face à l'inaction dont ils accusent Washington dans la crise syrienne et à la main tendue par Barack Obama à l'Iran.

La tournée du chef de la diplomatie américaine le conduira ensuite en Jordanie, aux Émirats arabes unis, au Maroc et en Algérie. 

Reuters

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