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03/11/2013 03:33 EST | Actualisé 03/01/2014 05:12 EST

Les femmes et les minorités sont plus harcelées dans l'armée

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OTTAWA - Les femmes, les autochtones et les minorités visibles au sein des Forces canadiennes doivent subir un plus haut taux d'harcèlement et d'harcèlement sexuel que leurs collègues, selon un sondage ayant révélé que plusieurs victimes n'envisageaient même pas de rapporter ces incidents par peur d'être catégorisés comme trouble-fête.

Le sondage sur le harcèlement dans les Forces canadiennes porte à croire que sur une période d'un an, 16 pour cent des membres des Forces canadiennes ayant participé à l'étude ont été personnellement victimes de harcèlement, ce qui pourrait comprendre des commentaires offensants sur les questions de race, de religion, de sexe ou de l'apparence physique.

De ceux-ci, environ le tiers de membres du groupe soi-disant désignés — autochtones, minorités visibles ou handicapés — disent avoir été victimes de harcèlement personnel.

Lors d'une entrevue donnée à Ottawa, la lieutenante-colonelle Monique Goyette, une experte en matière de politique militaire sur le harcèlement, affirme qu'il existe encore des cas de harcèlement au sein des Forces canadiennes, et qu'il y a donc encore du travail à faire.

Le coup de sonde, dont La Presse Canadienne a obtenu une copie brouillon en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, a recueilli les avis de 2245 répondants. La majorité d'entre eux étaient des hommes membres des forces armées, et qui avaient la plupart du temps 26 ans d'ancienneté et plus.

Le sondage comprenait des questions sur quatre types de harcèlement: personnel, sexuel, abus d'autorité et le bizutage. Le questionnaire passablement long a été envoyé en mai 2012 à 9100 membres réguliers de l'armée sélectionnés au hasard au pays. La plupart des cas de harcèlement étaient causés par des hauts gradés, a révélé l'étude.

La majorité des répondants a également dit ne pas vouloir déposer de plainte officielle, puisqu'ils craignaient «que cela rendrait leur climat de travail déplaisant, que cela serait retenu contre eux, ou qu'ils seraient blâmés, ou encore qualifiés de trouble-fête».

Selon les conclusions du sondage, un peu moins de 2 pour cent des membres des forces armées ont subi une forme ou une autre de harcèlement sexuel durant l'année couverte par le coup de sonde. Selon la répartition en vertu du sexe des répondants, 9 pour cent des femmes — ou 56 répondantes — ont dit avoir été sexuellement harcelées pendant cette période.

Entre autres manifestations de harcèlement sexuel, on retrouve des sifflements, des sous-entendus de nature sexuelle et des blagues, précise le sondage.

Six pour cent des personnes interrogées ont dit avoir été agressées sexuellement, ou victimes d'une tentative d'agression sexuelle.

La majorité d'entre elles affirment avoir «géré» le problème en ignorant l'agresseur ou le comportement. Seules sept pour cent pour cent ont posé des gestes concrets.

Au total, la majorité des répondants croient que le harcèlement personnel est un problème mineur ou modéré au sein des Forces armées, tandis que 56 pour cent pensent que le harcèlement sexuel est un problème de faible importance. Environ 75 pour cent des personnes interrogées estiment que l'abus d'autorité est aussi un problème mineur ou modéré.

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